Arts

Youssef Nabil en 50 photos à la MEP

Youssef Nabil en 50 photos à la MEP

26 janvier 2012 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 25 mars, la Maison européenne de la photographie expose 50 clichés du photographe égyptien. A travers les clichés cinématographiques de ses amies les stars et des autoportraits d’une tristesse déchirante, Nabil joue sur les canons de l’esthétique « camp » (Susan Sontag) et orientaliste. Une très belle rétrospective.

Il y a peu d’hommes sous les feux de l’objectif de Youssef Nabil.  Son premier sujet est la femme, si possible un peu magique, sirène, créatrice. Ainsi du mur de droite quand on entre dans l’exposition, où sur fond bleu ciel et en robe noire d’icône trônent la plasticienne Marina Ambramovic, et les comédiennes Catherine Deneuve et Charlotte Rampling . Droit devant : la chanteuse Natasha Atlas croulant sous les dorures et les parures, telle une Cléopâtre aux khol outré.  Il faut aller derrière le mur qui coupe cette première salle pour trouver sur le panneau où sourie l’ artistes Shirin Neishat et l’architecte Zaha Haddid, le réalisateur David Lynch. Fasciné par les mères, Nabil se met lui-même en scène sous les traits de Tahar Rahmim dans une piéta sur-colorée où Fanny Ardant joue le rôle de Marie dans le cour-métrage de 8 minutes « Your never left » (2011).

Dans la deuxième salle, l’art de l’icone s’évapore peu à peu pour laisser libre cours à l’autoportrait. Jamais photo et peinture ne sont si proche que lorsque Youssef Nabil évoque sa propre mort, par exemple dans « My time to go » qui présente en diptyque un lit d’hôtel habité puis délaissé par l’artiste boudeur (voir image ci-dessus). Le départ, l’exil sont des nourritures sacrées pour cet artiste égyptien vivant désormais  à New-York. Ainsi des quatre photos qui rappellent presque Turner et prises comme un autoportrait à Hyères « I will go to Paradise » (2008). Habité, décidé, Youssef Nabil est  aussi iconique qu’iconoclaste quand il exprime à la fois des tensions homo-érotiques fortes (notamment dans le superbe « Deux djellabas », voir ci-contre). Et le portrait de 12 marins âgés et tutélaires (2006) qui froment une épopée d’immigrants du Yémen.

Youssef Nabil développe une œuvre puissante où la couleur retient de tous ses pigments le temps et les souvenir d’avant le départ.

 

 

 

 

Site officiel de Youssef Nabil

Photos : © Youssef Nabil / Courtesy Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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