Arts
Wim Delvoye prend ses quartiers au Louvre

Wim Delvoye prend ses quartiers au Louvre

30 mai 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Après Jan Fabre ou Tony Crag, le Louvre continue son exploration du regard du visiteur en accueillant le Belge Wim Delvoye au sein des appartements Napoléon III, dans les salles gothiques du département des Objets d’art et sur la colonne du belvédère. De la dentelle d’acier pour le musée !

Comme à chaque fois que cette idée est appliquée, l’effet est le même : donner un autre aspect aux œuvres classiquement exposées. Ici, surtout concernant les appartements, nous sommes face à un best of du Louvre extrêmement touristique. Il est donc étonnant de voir se glisser les sculptures en bronze argenté entre le velours des sièges.

Ici, l’idée est de détourner, en utilisant des techniques modernes, comme le découpage au laser, les héritages du passé. Les titres, pleins humour rendent hommage aux maîtres du XIXe siècle. Nous sommes face à un artiste total qui travaille aussi bien les dos humains au détour d’une performance, que le pneu ou un tapis de soie devenant ici un cochon dodu, qui, contrairement aux habitudes de l’artiste n’est ni vivant, ni tatoué.

Les œuvres présentées sont des productions récentes et se glissent partout, dans les porcelaines dans une sensible vitrine,  à l’occasion de sculptures tout en torsions dans l’encablure d’une fenêtre. Un vitrail monumental vient orner une descente d’escalier, tout comme les anamorphoses de sculptures, comme des couronnes du Christ, posées sur la grande table de la salle à manger napoléonienne. Le dîner se fait métallique !

Celui qui navigue dans le monde de l’art depuis les années 1980 s’est fait largement remarqué par son Cloaca, cette machine excrétrice. Aujourd’hui, nous sommes dans des choix différents offerts au Louvre dans une démarche non organique de redéfinition des méthodes. Wim Delvoye propose du beau. On entre dans le musée accueilli par un Suppo de 13 mètres découpé au laser, accroché à la colonne du belvédère s’introduisant dans la pyramide.  Phallique et pénétrant à souhait. Tout de même !

Les formes sont mises en mouvement par ordinateur, inspirées de figurines rococo. Un camion devient cathédrale gothique grâce à la finesse du découpage… La modernité puise dans l’héritage.

C’est donc un parcours élégant bien que relativement court qui est proposé au Louvre, permettant surtout aux amateurs d’art contemporain de se glisser dans le cœur XIXe. L’ensemble n’a pas la folie de ce que Jan Fabre proposait en 2008, faisant voler dans le Louvre, des fantômes d’os.

Parallèlement, une imposante oeuvre en acier Corten dentelé rejoint le jardin des Tuileries et s’inscrit à l’automne dans le parcours de sculptures de la FIAC.

 

 

Visuels : Affiche officielle et ABN

En haut : Twisted dump Truck, 2012 (c) Wim Delvoye ADAGP, 2012

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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