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Van Cleef & Arpels scintille aux Arts Décoratifs

Van Cleef & Arpels scintille aux Arts Décoratifs

20 septembre 2012 | PAR Elodie Rustant

Après le photographe Jean-Paul Goude, c’est au tour de la célébrissime maison de joaillerie d’investir la nef du musée des Arts Décoratifs pour une exposition étincelante !

C’est en 1906 que Alfred Van Cleef s’associe à son beau-frère Salomon et à son frère Julien Arpels pour se lancer dans la joaillerie. Ils ouvrent un premier magasin sur la prestigieuse place Vendôme, et suite, à une réussite quasi-immédiate, développent plusieurs succursales dans de riches villes de provinces.
Hormis une accalmie pendant les événements de la IIe Guerre mondiale où les matériaux deviennent difficiles à trouver, l’activité et le succès de la maison Van Cleef ne décroîtra jamais.

Toujours à la pointe des techniques et du savoir-faire, la maison évolue et se distingue par ses créations modernes, dont certaines sont devenues ses emblèmes.

Le célèbre sautoir Alhambra lancé en 1968 et composé de médaillons quadrilobés se déclinera sous des dizaines de modèles, tandis que l’imposant bracelet Ludo au complexe système de fermoir apparu en 1935, doit son nom à Louis Arpels, surnommé « Ludo » par ses amis.

Tantôt influencé par les modes du japonisme et de l’orientalisme, très visible sur les ravissants nécessaires laqués, sertis de turquoise, de lapiz-lazulis, de corail, ou encore de jade, Van Cleef s’illustre ensuite dans les années 1920 par un engouement pour « l’égyptomanie ».
Après la découverte en 1922 du tombeau de Toutankhamon, les figures pharaoniques vont envahir la joaillerie. Les broches, boucles d’oreilles et colliers se parent de motifs tel le scarabée, le sphinx, la fleur de lotus ou l’ibis.

Une superbe série de « minaudières » est également exposée, démontrant l’extrême minutie du travail des ouvriers Van Cleef. Ce minuscule sac du soir fut inspiré à Charles Arpels par l’une de ses clientes, la très fortunée Florence Jay. Cette dernière avait pour habitude de conserver ses effets féminins dans une longue boîte à cigarette. Charles Arpels eu alors l’idée de concevoir une boite-nécessaire à la fois pratique et luxueuse. La minaudière – sa femme Estelle Arpels minaudait souvent dit-on – était née !

Aux côtés des fantastiques bijoux années 40, puis 50, des délicates danseuses serties de diamants, rubis et saphirs, et des étonnants colliers Zip dont l’élaboration demanda plus de douze années, sont exposés les fabuleux dessins préparatoires de Van Cleef. La précision stupéfiante des croquis ne peut que donner un aperçu de la somme de travail exigée pour la réalisation d’une pièce.

La plupart de ces dessins furent exécutés après des commandes de personnalités : la princesse Soraya d’Iran, la duchesse de Windsor, Grace de Monaco ou encore l’impératrice Farah Pahlavi.

 

 

 

 

 

Les Arts Décoratifs ont fait appel à l’agence Jouin Manku, habitué de la maison Van Cleef, pour la réalisation de la scénographie. En résulte un ingénieux dispositif, luxueux et raffiné. On salue l’idée des structures aériennes « flottant » au dessus des vitrines, et plus particulièrement celle des colonnes-écrins conférant une beauté quasi-hypnotique aux œuvres.

Le visiteur évolue ainsi dans un espace onirique, d’une broche chargée de rubis, à un poudrier en laque, d’un papillon en diamants ciselés à un sautoir d’onyx. Brillant !

Visuels :

Clip Chrysanthème, Paris, 1937
Or, platine, Serti Mystérieux rubis, diamants tailles brillant et baguette. Collection Van Cleef & Arpels © Patrick Gries / Van Cleef & Arpels

Minaudière Colibri, Paris, 1938
Ancienne collection de la reine Nazli d’Egypte. Or, diamants taille brillant, Serti Mystérieux rubis et saphirs. Collection Van Cleef & Arpels.© Patrick Gries / Van Cleef & Arpels

Françoise Hardy portant un sautoir et deux tours de cou Alhambra, 1974
© Catherine Rotulo pour le Figaro

Collier et paire de motifs d’oreilles Panka, Paris, 1973
Or, turquoises taille cabochon, diamants taille brillant. Collection Van Cleef & Arpels
© Patrick Gries / Van Cleef & Arpels

 

 

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Elodie Rustant

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