Arts

Une symphonie d’anges au Château de Vincennes

29 avril 2010 | PAR Marie Lesbats

Depuis le 15 avril, La Chapelle du Château de Vincennes est investie d’une exposition présentant sculptures, peintures ou vitraux sur le thème des anges musiciens. Un sujet singulier et une représentation ancestrale.

Il s’agit d’une exposition pleine de charme.
D’abord grâce au lieu, puisque le Château de Vincennes constitue un site quelque peu extraordinaire au sein de la ville de Paris. En effet, cette forteresse du XIVème siècle, voulue par Charles V, se dresse en étendard de l’architecture médiévale. Au sein des fortifications, une chapelle de verre subsiste, attestant de la puissance divine. Entre gothique rayonnant et flamboyant, la Sainte-Chapelle dédiée à la Trinité et à la Vierge, achevée en 1552, se compose d’une nef unique, d’un chœur et d’une abside. Dotée d’un riche décor sculpté et d’imposants vitraux, elle est l’écrin de l’exposition « Anges Musiciens » présentée jusqu’au 5 septembre.

Sur un projet réalisé en amont dans le Morbihan, dans le cloître de Sainte-Anne d’Auray, le Centre des Monuments Nationaux, sur un commissariat de Rémy Fombon, a décidé de redonner forme à cet événement au Château de Vincennes, doté de divers décors se rapportant au thème des anges musiciens.

L’exposition se déploie dans la nef de la chapelle. Elle propose un parcours chronologique qui éclaire le public quant à l’évolution des représentations de l’ange à travers les arts et la musique.
Après une brève introduction, le visiteur est invité à plonger dans l’univers médiéval, âge d’or des anges musiciens, alors figurés drapés, dans une attitude gracile. La justesse de représentation a ici permis l’étude et la reconstitution de certains instruments aujourd’hui disparus.
Les siècles suivants laissent davantage place aux images de putti ou chérubins, de style Renaissance puis baroque. Ces bébés joufflus et ailés peuplent alors les voûtes, envahissent les peintures, alors que l’Ange de l’Apocalypse se distingue par sa longue trompe et son air grave.
Enfin, le XIXème siècle impose un ange féminin, souvent hiératique et lointain, d’une mouvance toute symboliste. Le tableau de Jean-Louis Hamon intitulé Les muses à Pompéi (1870) soumet ainsi une évocation de muses angélisées et antiquisantes.

Ponctuée d’œuvres parfois surprenantes, comme ce livre de prière éthiopien ou ces instruments d’église à la forme serpentine, le faîte de l’exposition s’impose à celui qui lève les yeux vers la verrière du chœur, qui éploie le thème de l’Apocalypse de Saint Jean sur une  multiplication de scènes peuplées d’anges musiciens.

Figure céleste faisant lien entre ciel et terre, l’ange, sans âge ni sexe, a traversé les arts et le temps. Il se fait messager de(s) Dieu(x) sans un mot, car la pureté se défait du bagou pour un langage spirituel et musical. Et Saint Paul d’ajouter : « Quand je parlerai les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne ou une cymbale qui retentit. »*.

*La Bible, Chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens

« Anges Musiciens », jusqu’au 5 septembre 2010, de 10h à 18h
Centre des monuments nationaux, Château de Vincennes, Avenue de Paris, 94300 Vincennes M°Château de Vincennes
tél. 01 48 08 31 20
www.monuments-nationaux.fr
www.chateau-vincennes.fr

Droits d’entrée durant la période de l’exposition
Gratuit pour les moins de 26 ans
Billet exposition à la Sainte-Chapelle
Plein tarif : 8 €
Tarif réduit : 5 €

Images :
– Ange à la trompe, détail, ©Marie Lesbats
– Ange jouant de la harpe, XIVe siècle, Pierrefonds, ©Marie Lesbats

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Marie Lesbats

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