Arts

Une descendante de Paul Signac réclame la restitution de « Au temps d’harmonie »

Une descendante de Paul Signac réclame la restitution de « Au temps d’harmonie »

27 février 2013 | PAR Marie Pichereau

La justice française devait examiner hier la question du droit de propriété pour le tableau de Paul Signac. Exposé depuis 1938 à la mairie de Montreuil, une descendante du peintre a revendiqué depuis peu en être la propriétaire testamentaire.

L’oeuvre du peintre néo-impressionniste date des années 1893. Elle a été baptisée « Au temps d’harmonie » et représente un paysage tropézien. L’auteur n’a jamais voulu cacher le sens politique de son oeuvre bien qu’a l’origine la toile s’appelait « Au temps d’anarchie ». En effet, dans cette scène composée à Saint-Tropez, il a dépeint une utopie anarchiste mêlant générations et classes sociales sur fond de « bonheur tranquille ». Paul Signac homme de gauche engagé avait pour projet de confier la toile à la Maison du peuple de Bruxelles. Ce projet n’aboutira pas et c’est sa veuve, Berthe Signac, qui finira par l’offrir à la municipalité de Montreuil, à cette époque conquise par le Parti Communiste. Aujourd’hui la peinture est assurée à 9 millions d’euros. De quoi ouvrir un litige et réclamer son dû lorsque l’on en est le descendant légitime.

C’est le tribunal correctionnel de Paris qui devra statuer dans cette affaire qui oppose la petite-fille de l’artiste peintre, Charlotte Liébert-Hellman et la ville de Montreuil. Pour être plus exacte c’est « l’unique » descendante de Paul Signac qui a décidé d’attaquer la ville en justice. Le but étant de transférer la peinture au Musée d’Orsay, dont la mère de l’intéressé (Françoise Chachin) décédée en 2011, en fut la première directrice. Des doutes ont été soulevés puisque la jeune fille est la première de sa lignée à réclamer le tableau. Pour certains, il s’agirait d’une simple opération fiscale pour d’autre la restitution d’un bien familial légitime. Bref l’affaire agite beaucoup de monde et installe le doute quand aux réels propriétaires du bien.

Pour l’avocat de Charlotte Liébert-Hellman, l’artiste avait fait de cet enfant unique, l’héritière de toute sa production artistique. En sus, il explique que Berthe Signac n’avait d’un point de vue juridique, aucun droit en ce qui concerne l’attribution du tableau. La partie adverse, par le biais de Emmanuel Cuffini, adjoint à la culture de la ville de Montreuil, se défend : « Croyez-vous que nous détenons cette œuvre depuis soixante-quinze ans et la prêtons pour des expositions sans être sûrs d’en être les propriétaires ? ».

L’un des autres points qui a été soulevé par l’héritière, est une question de sécurité puisque l’oeuvre avait été dégradée en décembre dernier par des jeunes à l’aide de bombes à eau. Un argument de taille, qui permettrait selon les souhaits de la petite-fille, de transporter « Au temps d’harmonie » dans un lieu mieux sécurisé, comme le Musée d’Orsay. Cette démarche a d’ailleurs été largement soutenue par la direction du musée, qui se dit être prête à financer une copie de la toile pour la mairie de Montreuil. Mais les Montreuillois, ne le voient pas du même oeil et continuent à se défendre, en expliquant qu’un nouveau système de sécurité a été mis en place depuis et que le tableau a été restauré. Pour Marie Rouhète, directrice des affaires culturelles de la ville : « C’est un mauvais procès ».

Cette procédure judiciaire, relance également le débat sur l’endroit où les oeuvres d’arts doivent être exposées. Au travers de cette querelle qui oppose la mairie de Montreuil à la famille de l’artiste une question s’est posée : Un tel tableau magistral est-il à sa place dans un hôtel de ville ?
Pour la commune de Montreuil : « Au contraire, la présence de cette œuvre dans une ville de gauche et de banlieue, et la possibilité de montrer ce tableau à une population qui n’a pas l’habitude d’aller au musée, a tout son sens » et pour Maitre Baratelli (avocat de Charlotte Liébert-Hellman) : « Au temps d’harmonie serait bien plus visible dans un musée comme Orsay, qui accueille plus de trois millions de visiteurs par an. »

Visuels : Capture d’écran.

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Marie Pichereau

One thought on “Une descendante de Paul Signac réclame la restitution de « Au temps d’harmonie »”

Commentaire(s)

  • stephthx

    « Au temps d’harmonie serait bien plus visible dans un musée comme Orsay, qui accueille plus de trois millions de visiteurs par an. »
    ils sont du travail a la mairie de montreuil 3 millions de visite a la mairie de montreuil ouaouuuuuuu!!!!!!

    février 27, 2013 at 18 h 18 min

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