Arts

Un nouveau double parcours au Mac/Val : Vivement demain et le regard encore présent de l’IFP

Un nouveau double parcours au Mac/Val : Vivement demain et le regard encore présent de l’IFP

09 mars 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Une interrogation d’ensemble sur l’avenir au Mac/Val, plus forte de la paternité de chaque œuvre présentée, en accord avec une tendance propre à l’art contemporain, d’effacer la désignation de l’artiste parce que ce qui compte est plutôt le potentiel de résonance de l’œuvre elle-même.

Le nouvel accrochage du musée d’art contemporain du Val-de-Marne, Vivement demain, est présenté à travers l’angle thématique de la projection de l’avenir. D’ailleurs l’interrogation n’est pas la seule approche envisagée, il s’agit plutôt d’un ensemble d’états d’âme liés au sentiment du présent des artistes, leurs espoirs et leurs doutes impatients, ceux dont ils se font porte-parole.
La mise en forme accueillante du parcours réservé à la presse a démarré avec la présentation de la petite exposition monographique signée IFP, Le Théâtron des nuages, en présence des fondateurs mêmes de l’agence, réunis à l’occasion de cette « première vraie rétrospective » du groupe d’artistes actif entre les années quatre-vingt, quatre-vingt-dix. La première rétrospective avait été organisée par le Mamco suisse, mais comme Frank Lamy, commissaire de l’exposition avec David Perreau l’explique, c’est la première fois qu’une rétrospective devient œuvre elle-même. Et le but des anciens signataires du groupe Information Fiction Publicité, semble véritablement celui de créer un nouvel espace, rond, comme la terre et comme l’œil qui est derrière à tout regard, un renvoi à la visibilité médiatique ininterrompue de toute création contemporaine.

L’exposition se présente sous forme d’un énorme chantier circulaire, évocation lui-même du caractère inachevé de toute œuvre d’art contemporaine, «dispositif» , «boite à outils» , «diaporama» qui résume la multiplicité de regards qui coexistent dans nos sociétés médiatisées et multiculturelles. Ce même chantier avait été fondé par la conception de l’IFP en 1984, cette identité collective s’interrogeant sur les sortes de l’art aux frontières du vingtième siècle, il est encore là, dans cette déclinaison évocatrice qui nous donne le Mac/Val avec la collaboration des artistes de l’IFP, à démontrer que la résonance de leurs questions est encore entièrement d’actualité.
Vivement demain, de son côté s’ouvre avec la question posée par la vidéo, Le Clash : « Should I stay or should I go? », dont la suggestion mélancolique marque un des fils rouges de l’exposition, reprise par les regards sombres mais projetés vers l’avenir des photos de Valérie Jouve, une autre récente acquisition du Mac/Val. Les rochers carrés de Kader Attia, séquence de photos de l’œuvre monumentale implantée à Alger et devenue bientôt symbole imposant du pouvoir que les habitants ont appris à habiter, rappelle le rôle de l’architecture dans l’organisation des espaces politiques. Un autre fil rouge du parcours 5 au Mac/Val est en effet celui de la présence de la ville dans la vie contemporaine, espace en métamorphose continuelle qui est souvent le décor agressif de nos journées frénétiques; Plug-in-city d’Alain Bublex nous en montre un portrait significatif.

Mais c’est surtout le regard sur l’enfance qui donne la personnalité définitive à cet itinéraire : en réplique au caractère inquiétant et souvent nihiliste des interrogations de l’art contemporain, le regard de l’enfance reproduit l’espoir impérissable de tout être humain. Les trésors de la mémoire (les onze enfants de l’histoire du cinéma) de Sarkis résume le caractère tragique qui parcourt l’histoire de l’homme à travers un long fil de néon rose qui caviarde les yeux des enfants les plus malheureux du cinéma; mais, en même temps, cette œuvre met en lumière les potentialités de ce regard désenchanté et encore tout puissant à travers la couleur rose vive.
Un tracé évocateur et sans réponses, celui qui ouvre les portes du Mac/Val au public aujourd’hui : à parcourir sans chercher forcément une connexion entre les différentes œuvres; elle apparaitra toute seule à l’aide de cette clairvoyance ingénue et vulnérable interprétée par la présence des enfants dans la dernière partie. Une présence interrogative qui rappelle celle des artistes contemporains, porteuse elle aussi de revendications perçantes sur l’avenir.

 

Visuel haut : (c) Celeste Bronzetti

Visuel bas : (c) site officiel du Mac/Val

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Celeste Bronzetti

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