Arts
Trois nouvelles expositions parisiennes au Musée de l’érotisme

Trois nouvelles expositions parisiennes au Musée de l’érotisme

03 juin 2011 | PAR Yaël Hirsch

Situé au cœur de Pigalle, et grimpant sur 5 étages, le musée de l’érotisme de Paris se démarque de ceux de Berlin ou New-York par son caractère intimiste. Mêlant joyeusement les genres et les contrées, il propose chaque saison plusieurs expositions spécifiques. Jeudi 2 juin vernissaient les trois nouvelles : des céramiques grivoises, l’engagement politico-historique d’Otto et les planches et peintures érotiques d’Alex Varennes. Jusqu’au mois d’octobre 2011.

Une fois passé le petit tourniquet d’entrée, le musée de l’érotisme n’est qu’ascension. Ce qui tombe plutôt bien un jeudi 2 juin. Le public du vernissage est à l’image bigarrée du musée : tous les âges et les déguisements se mélangent harmonieusement.

Au sous-sol, rez-de chaussée et sur les deux premiers étages, les collections permanentes mêlent sculptures génitales, peintures grivoises et promenade anthropologique dans l’imaginaire érotique humain.

Au 1ier  étage étage, les éditions La Musardine ont élu domicile pour rafraîchir le public en « Osez », en textes de la collection lettres amoureuses, et en guides. Stéphane Rose signait également son manifeste de défense du poil. Les auteurs Esparbec, E. Liebig, N. Monfils, Ovidie, S. Vergy, et M. Dannam étaient également là pour signer leurs livres.

Au 3 e étage, les « Céramiste mal élevés » (C. Ackerer, D. Allain, Raâk, E. Bélasko-Cahuzac, M. Banuelos, JP Baudoin, D. Baur, E. Collet, C. Coste, E. Coutou, N. Crestou, M. Dias, P. Digan, J. Duranel, A. Gaudebert, M. Giraud, C. Lucas & H. Bultez, A. Mallet, S. Natoli, S. Rousselle, Capri, M. Siffredi, M. Smolec, et JP Van Lith) présentent eux-mêmes leurs poteries potelées et plus nues que nues.

 

 

 

Au 4e étage, « son excellence Otto » présentait les affiches qui mêlent la légèreté de l’époque de Toulouse-Lautrec et l’engagement  politique de l’Entre-deux-Guerres. Son entrée au musée en Sosie d’Erich von Stroheim dans « La Grande illusion » (casque prussien compris) et entourée de belles égéries noires et burlesque a fait un effet saisissant. Révisionniste (attention, pas négationniste : Otto ne nie rien, il revoit juste l’histoire à sa sauce ironique !), son excellence s’invente une naissance en 1896 et offre à l’érotisme un voyage dans le temps qui rend son art subversif a posteriori. Toujours  extrêmement drôle et caustique, il n’hésite pas à avancer que le 6 février 1934, il avait initié une « Grande marche rampante de l’esclavage sexuel ». Dommage que certaine ligues aient organisé des marches plus dramatiques, dont l’Histoire, cette grande trieuse qui laisse bien trop souvent le sexe dehors, a volontiers préféré se souvenir. Pour en savoir plus sur l »engagement rétro de son excellence Otto, n’hésitez pas à consulter « La philosophie dans le devoir » (Tabou, 210).

Enfin, au sommet du musée le toujours vert Alex Varenne était lui-même présent pour présenter un bon panorama sur son œuvre. Le dessinateur d’Ardeur (paru dans Charlie Mensuel), d’Emma Jaguar, et du Goût des femmes (Albin Michel), a le trait de crayon sûr et suggestif. Il n’a pas hésité non plus à reprendre, via peinture et photos, les plus grands classiques de l’Histoire de l’Art pour les rendre plus suggestifs. Sa Joconde dévoile ainsi un sein qu’on sait absolument voir et apprécier. Pour en savoir plus sur ce libertin moderne, référez-vous à ses entretiens (itinéraires d’un libertin, 2007).

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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