Arts
« Richard Prince, American Prayer » à la BnF

« Richard Prince, American Prayer » à la BnF

10 mai 2011 | PAR Anais Tridon

Pour sa première grande exposition, la BnF a donné carte blanche à Richard Prince qui manie l’art du détournement et du recyclage d’images populaires fondatrices de la mythologie américaine. L’exposition présente à la fois la production artistique de Prince et sa collection de livres, en brouillant les codes traditionnellement utilisés dans les deux domaines.

Né en 1949, particulièrement célèbre pour ses photographies de cow-boys des campagnes publicitaires Marlboro ou pour sa série de toiles de Nurses, Richard Prince est certainement l’artiste qui raconte le mieux l’Amérique fin de siècle.

L’exposition Richard Prince : American Prayer (en référence à la poésie de Jim Morrison dont il est un fervent collectionneur) révèle les relations entre l’art contemporain et le livre. Elle met pour la première fois en lumière l’influence essentielle, mais méconnue, du livre et de l’imprimé sur l’oeuvre protéiforme de Richard Prince. En effet, depuis près de trente ans, Richard Prince collectionne avec passion livres, manuscrits et documents relatifs à la culture populaire et aux contre-cultures américaines des années 1950 à 1980, destinées à aboutir un jour ou l’autre et sous des formes diverses dans son travail de peintre et de photographe.

Sur fond de musique de Jimi Hendrix, de Jim Morrison, de Bob Dylan et du Velvet Underground dont il  possède des archives étonnantes, et avec la complicité du scénographe anglais David Adjaye, Richard Prince nous emmène dans une Amérique d’après-guerre mythique, l’Amérique « Beat, Hippie, Punk », qui berça les rêves de toute une génération de baby-boomers en Europe.

Le parcours de l’exposition commence dans une grange américaine inspirée des maisons typiques de l’Amérique profonde, hébergeant une installation de livres de poche, et se termine dans une salle de lecture où le visiteur peut contempler un assemblage de 454 faux ouvrages créés par Richard Prince. Entre les deux, sept stations jalonnent la visite aux thématiques suivantes : Lolita & Lollipop, Beat Hotel, Bomb Dreams, On the Road, On the Bus, Criminals and Celebrities, Sex and Drugs and Rock and Roll.  À chaque théme correspondent des pièces phares de la collection de Richard Prince, une oeuvre de l’artiste et des documents de la BnF réappropriés par l’artiste.

Une exposition d’une grande richesse et très diversifiée qui permet de saisir l’ampleur du travail artistique de Richard Prince et de voyager dans les folles années des sixties et des seventies, celles de toutes les libertés et de toutes les expériences.

« Je me réjouis que Richard Prince, pour sa première grande exposition dans notre pays, ait choisi la BnF et accepté de relever le défi de la carte blanche. » Bruno Racine, président de la BnF.

Et nous aussi, vu le résultat, nous nous réjouissons.

 

Rock belge : Vismets au Nouveau Casino le 26 mai
Kate Moss à la galerie de l’Instant
Anais Tridon

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture