Arts

Rencontre avec la civilisation Maya au Quai Branly

Rencontre avec la civilisation Maya au Quai Branly

21 juin 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

L’exposition « Maya, de l’aube au crépuscule » rassemble pour la première fois des œuvres guatémaltèques prestigieuses.  Didactique et chronologique, le parcours nous embarque de la période pré-classique (-2000 avant J-C ) jusqu’à nos jours. L’occasion de comprendre que la civilisation Maya est toujours vivante.

Juan Carlos Melèndez Mollino, commissaire de l’exposition raconte : « Depuis les années 1960, la France n’avait pas accueilli de grande collection d’objets guatémaltèques. Il était donc temps de montrer plusieurs découvertes réalisées au cours des 25 dernières années ».

L’ensemble permet aux néophytes de saisir l’apport de la civilisation Maya aux sociétés contemporaines. L’invention du « 0 » en est l’exemple le plus frappant. Le déroulé chronologique permet de voir l’évolution des techniques, des matériaux utilisés. L’importance des migrations et des échanges interculturels provoquent des changements religieux et politiques qui se traduisent dans un art qui fait la part belle à l’anthropomorphie.

On sera émerveillé devant une statuaire colorée et figurative. Le coup de cœur de la rédaction s’est porté sur une petite tête, appartenant à une offrande sur le site archéologique de Nakum. Cette offrande servait à marquer tant la fin d’ usage d’un édifice pyramidale que la construction du suivant. L’objet est daté entre 1200 et 500 avant J-C, montrant l’incroyable lien entre le religieux et l’artistique. Les images sculptées et peintes représentent des divinités où des épisodes des mythes de création.

C’est en découvrant la partie photographique de l’exposition que la boucle se termine. On apprend alors que l’écriture Maya, composée de hiéroglyphes, brimée pendant quatre siècle après la conquête espagnole est de nouveau enseignée tout comme les prénoms Maya sont de nouveaux donnés aux enfants guatémaltèques, et pour cause, au Guatemala, 55  % de la population est Maya. La preuve que l’effondrement Maya n’a pas été brutale comme on peut souvent le penser. En se déroulant sur trois siècle il a permis à ce peuple de continuer à transmettre sa culture. Cela se traduit aujourd’hui par un syncrétisme entre christianisme et rites Maya.

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “Rencontre avec la civilisation Maya au Quai Branly”

Commentaire(s)

  • William B

    Bonjour,
    J’ai été interpellé par la phrase « L’objet est daté entre 1200 et 500 avant J-C, montrant l’incroyable lien entre le religieux et l’artistique ».
    Ce lien n’est pas « incroyable » : il est en fait plutôt commun, bien connu. L’art n’est-il pas né d’abord de la religion, elle même née des rites funéraires ?
    L’immense majorité du patrimoine mondial de ce que l’Occident nomme « art » démontre que c’est cela la norme, même si bien entendu les sujets non-religieux ont existé à diverses époques, étant d’ailleurs dominants aujourd’hui dans les sociétés développées.
    Mais il ne faut pas oublier que chez les Précolombiens aussi bien que chez les Mésopotamiens, les Phéniciens, les Mycéniens, les « Primitifs » d’Afrique, d’Océanie, d’Australie, etc., l’art a d’abord une dimension religieuse, un rapport au divin ou à la transcendance, sous les formes diverses qu’ont affirmé les diverses civilisations du monde.
    La norme, c’est bien l’art « religieux », ce que nous tenons pour une « oeuvre » étant avant tout un objet de rite et d’offrande pour plaire aux dieux (les Grecs archaïques parlaient d’agalmata). Si nous admirons dans les musées des retables et trésors médiévaux, des masques de mort africains et autres objets rituels du monde, il faut bien garder à l’esprit que la forme n’était pas la finalité, mais un moyen.
    Bien à vous,

    W.

    juillet 12, 2011 at 1 h 46 min
  • Amelie Blaustein Niddam

    Merci William, ce lien est incroyable au sens où je le trouve intense, permanent et traversant les siècles.
    Merci
    amélie

    juillet 12, 2011 at 2 h 42 min

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