Arts

Quand le ballon carré de Fabrice Hyber atterrit au MAC/VAL

Quand le ballon carré de Fabrice Hyber atterrit au MAC/VAL

22 octobre 2012 | PAR Justine Hallard

Fabrice Hyber est partout : au Palais de Tokyo, à la Fondation Maeght, à l’Institut Pasteur, mais c’est au MAC/VAL de Vitry-sur-Seine que lui est consacrée une rétrospective de ses célèbres « POF », œuvres qui ont fait la part belle de la notoriété de l’artiste.

POF mais encore ?

POF, un acronyme qui sonne comme un « Pif Paf » de Bandes Dessinées pour « Prototypes d’Objets en Fonctionnement ». C’est d’ailleurs dans cet univers ludique qu’est convié à entrer le spectateur.  Et non seulement pour regarder, mais au contraire pour toucher et expérimenter. Telle une formidable cours de récré ou encore un atelier grandeur nature, plus de 150 POF sont ici réunis sous leurs formes les plus inventives et créatives, afin d’interroger le spectateur sur la fonction propre de l’objet et le rapport qu’il entretient avec lui. Et ce n’est pas seulement l’objet, mais aussi l’œuvre d’art qui est alors désacralisée puisque invitée à être réappropriée et (re)mise en situation par les spectateurs eux-mêmes, qui deviennent à leur tour créateurs et acteurs de leur propre environnement. Une exposition/collection où le maitre mot pourrait être alors celui de Liberté. Celle de l’artiste bien sûr, mais enjeu même de la proposition faite au spectateur.

Déconstruire pour reconstruire l’imaginaire

Même si l’exercice pourrait apparaître assez élémentaire de prime abord, c’est ici qu’en réside finalement toute la difficulté : déconstruire nos repères pour repenser l’objet et implicitement, de fait, son nouveau mode d’emploi. Ainsi, souvent avec humour et poésie, Fabrice Hyber nous propose une autre vision du monde. Sous ses mains les ballons de foot deviennent carrés (POF 65), le puzzle impossible (POF158), un gant compliqué à enfiler avec 6 doigts (POF 30) ou encore êtes vous invités à construire des briques végétales (POF 54) ou à tester des écouteurs à moulins à vent, la tête dans un ventilo (POF 7). L’espace temps est lui aussi réinventé en se mettant à rêver devant l’évocation d’une île sous la mer (POF 69) ou en enfilant des ailes d’anges pour quelques minutes…

159 POF pour repenser le monde et ce qui nous entoure, pour se demander quel est notre libre arbitre mais aussi pour aller à la rencontre d’un artiste qui a décidé de faire de l’art contemporain un partage direct de ses œuvres avec ses spectateurs.

 

* L’exposition dédiée aux POF de Fabrice Hyber fait aussi écho au 5ème parcours des collections permanentes du MAC/VAL – « Vivement demain » – où les artistes exposés explorent et interrogent l’avenir, un monde qui pourrait bien être le nôtre demain.
À cette occasion le MAC/VAL accueillent aussi 4 nouvelles œuvres signées Sanja Ivekovic, Igor Eškinja (artistes croates actuellement en résidence), Thierry Fontaine et Tatiana Trouvé. À découvrir.

© visuel : Fabrice Hyber, POF 65 Ballon Carré, 1998. Adapg, Paris 2012, photo de Marc Domage.

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