Arts
Poush Manifesto : nouvelle pépinière d’artistes

Poush Manifesto : nouvelle pépinière d’artistes

08 janvier 2021 | PAR Pauline Lisowski

À la frontière entre Paris et Clichy, Poush Manifesto réunit 170 artistes qui ont répondu à un appel à candidature pour occuper un espace d’un immeuble d’anciens bureaux. L’agence Manifesto, dont les missions consistent à proposer des projets culturels et artistiques dans l’espace urbain, occupe pendant 18 mois, un immeuble de bureaux inoccupés pour permettre à des artistes de bénéficier d’un espace de travail à un prix très abordable.

De l’extérieur, rien n’indique qu’ils s’agissent d’ateliers. La visite se déroule en empruntant les ascenseurs à la découverte d’un long couloir par étage où se côtoient des artistes de différentes générations et univers de création. Les ouvertures vers l’extérieur peuvent être inspirantes et impliquent une conscience de l’environnement qui les entoure.

Synergie et échanges

Cette pépinière d’artistes leur permet de créer et de faire connaissance entre eux. Une synergie se met en place au fur et à mesure de leur installation et de leurs créations. « L’enjeu d’un tel lieu est de multiplier les rencontres, les échanges. Cela permet d’avoir un espace confortable, sécurisé mais également de partage de savoir et d’outils. » rend compte l’expérience d’Angèle Guerre. Un esprit collectif peut naître à différents étages de cette tour reconvertie en ateliers pour artistes venus de différents horizons. « Les échanges entre artistes sont constants et spontanés. Nous sommes maintenant environ 170 artistes sur 7 étages avec un grande diversité de pratiques. Il y a toujours quelqu’un pour donner un conseil, un coup de main ou simplement partager un moment d’atelier. » raconte Anne Commet. Mes différentes visites d’atelier m’ont permis de croiser divers artistes qui se rencontrent par hasard au fil des journées.

Pour les jeunes artistes, il est nécessaire actuellement de trouver des lieux de création où ensemble ils peuvent trouver les manières de coopérer, de s’entraider, de travailler à une nouvelle économie possible. « Pour moi, Poush, c’est une façon innovante de voir la place de l’artiste et de l’art dans nos grandes agglomérations en nous permettant d’y vivre et travailler au même titre que d’autres acteurs économiques. C’est aussi créer de nouveaux circuits entre les professionnels et non professionnels de l’art (artistes, galeristes, commissaires d’exposition mais aussi entreprises et publics) et enfin accompagner autrement les artistes avec des moyens dédiés et un esprit collectif. Il n’y a pas de limite d’âge, de pratique, de parcours… une grande ouverture et curiosité. » témoigne Anne Commet. Ce type de structure temporaire est génératrice de dynamiques que les artistes peuvent déployer durant leur temps d’occupation.

Des ateliers personnalisés

Les ateliers de dimensions variables leur offrent un contexte de travail et d’accrochage pour tenter des installations et des mises en espaces de leurs travaux. « Il me permet d’être plus stimulée, d’avoir envie de sortir de ma zone de confort, d’aller plus loin dans certaines pistes. L’énergie qui se dégage de Poush infuse positivement ma pratique. » explique Angèle Guerre. Pour certaines artistes comme Boryana Petkova ou Florian Pilon, l’atelier offre un terrain pour concevoir des œuvres dans l’espace.

« Il est intéressant de voir comment à partir d’un espace relativement uniformisé, chaque artiste l’a transformé à sa façon pour l’adapter à son usage particulier. Maintenant chaque espace a l’empreinte de chaque artiste. » précise Maria Ibanez Lago. D’autres espaces accueillent des expositions et des projets.

L’agence Manifesto et sa communauté d’artistes

L’agence Manifesto accompagne les artistes en leur partageant des appels à projet, à commande publique, à 1 % artistique en France et à l’étranger. Elle leur propose également une aide administrative, juridique, technique. « Je pense que l’enjeu pour eux est plus important que l’enjeu pour chacun des artistes. Ils font vivre la communauté, face au milieu de l’art, à la mairie, et je pense aussi vis à vis du propriétaire du lieu. L’enjeu pour les artistes est peut-être de travailler avec une optique de visibilité, un peu de show aussi, transformant de temps en temps l’atelier dans un lieu public et spectaculaire. » explique également Maria Ibanez Lago. Dans le hall d’entrée on peut contempler une œuvre réalisée par Paul Créange, en résidence à Poush. Celle-ci fonctionne comme un baromètre visuel rendant visible les changements météorologiques.

À termes, une communauté d’artistes de tous âges et de toutes nationalités se crée. Des collaborations naissent et de nouvelles œuvres sont à venir m’a d’ailleurs confié Alexandre Colliex, directeur associé de Manifesto Expo. Ma visite à l’occasion des Journées professionnelles en décembre m’a permis d’expérimenter le lieu pendant un moment et de découvrir le flux d’énergie artistique qui s’en dégage. Bien plus qu’un lieu de résidence d’artistes, Poush offre des espaces d’expériences, d’expositions et de créations in situ en constante transformation.

Note : Merci aux artistes pour leur partage d’expériences et à Alexandre Colliex pour l’expertise.

visuel : logo 

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Pauline Lisowski

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