Arts
« Pompéi » au Grand Palais : Quand le visiteur devient Pompéien.

« Pompéi » au Grand Palais : Quand le visiteur devient Pompéien.

23 octobre 2020 | PAR Jérémie Laurent-Kaysen

Au Grand Palais, l’exposition Pompéi prend place jusqu’au 2 novembre. L’occasion de replonger dans l’histoire de cette ville longtemps enfouie sous les cendres.

«  Pompéi demandait incessamment secours, et criait jour et nuit du fond de son sépulcre, où elle n’était ensevelie qu’à moitié : « Fouillez ! Je suis là » a écrit Alexandre Dumas dans Le corricolo en 1843. Pompéi. Une ville entourée de mythes qui ne cesse de fasciner les archéologues et les historiens depuis plusieurs siècles. Une ville d’une richesse à la fois culturelle et monétaire, qui abritait derrière son enceinte, bourgeois et artistes. Une ville qui, en l’espace d’une nuit de l’an 79, disparut sous une pluie de cendres volcaniques.

En 2010, alors que les archéologues envoyés sur le site ont longtemps manqué de moyens, les fouilles prirent un nouvel élan grâce à une grande campagne de financement. Un quartier est découvert. Avec lui, des trouvailles saisissantes : fresques, objets d’art et d’artisanats, squelettes humains… Afin de dévoiler aux grands publics une partie de ce butin, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais organise jusqu’au 2 novembre une nouvelle exposition, numérique et immersive.

Une immersion instructive… 

Sur la pierre du palais parisien et les murs fabriqués spécialement pour l’exposition, des projections vidéos viennent rythmer et accompagner la visite. Pompéi propose un véritable plongeon temporel dans la célèbre ville romaine. Les images de synthèse recomposent ce que devaient être les bâtiments de la ville. Les façades sont effritées, peintes, graffées de phrases en latin. Les ombres des habitants disparus errent dans la salle d’exposition et se mêlent à celles des visiteurs : des soldats font leur ronde, un enfant tire son âne. Une expérience d’immersion développé par la société GEDEON Programmes, spécialiste du documentaire archéologique et de patrimoine.

L’exposition est constituée d’une grande salle et de deux plus petites à ses extrémités. L’une accueille la projection d’un documentaire sur Pompéi. Des reconstitutions 3D sont comparées à des peintures, des cartes et des extraits de film. La deuxième est faite d’un mur évolutif, représentant l’intérieur d’une villa pompéienne et les diverses fresques qui ont été retrouvées.

Accessible à un large public, Pompéi s’adresse aux enfants comme aux adultes. Dans deux renfoncements au bout de la salle principale, des écrans interactifs permettent aux plus petits ( comme aux plus grands ! ) de reconstituer une mosaïque à la manière d’un puzzle, ou de contempler dans les moindres détails les dessins de Pompéi réalisés par différents lauréats du Prix de Rome.

… Pour une expérience sensationnelle

Bien que l’exposition soit riche d’informations, d’objets à regarder et de textes à lire, restez tout de même sur gardes. Vous risquez sinon de vous faire surprendre par une terrible éruption volcanique. Toutes les dizaines de minutes environ, le visiteur est obligé de revivre inlassablement le déchainement du Vésuve. Une explosion, une épaisse fumée grise échappée du volcan et une massive coulée pyroclastique vient recouvrir ( fictivement) la salle en quelques secondes.

 

Sous les gradins face au volcan, se cachent les enveloppes corporelles des âmes qui se promènent dans l’exposition. Quatre moulages de Pompéiens, dans leur prisons de verre, attendent pour l’éternité. Des silhouettes de plâtres accroupies, les mains cachant leurs visage. Des amants allongés l’un sur l’autre pour une dernière étreinte.  En 1863, Giuseppe Fiorelli, le directeur des fouilles de Pompéi, a développé une technique lui permettant de mouler les corps des individus décomposés sous une épaisse couche de cendre volcanique solidifiée.

L’exposition Pompéi offre une expérience intense en présentant à la fois la fin de l’histoire de cette ville mythique mais aussi le début de celle des archéologues à la recherche de ce temps disparu. 

Visuels : ©GrandPalais

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Jérémie Laurent-Kaysen
Après deux années de classe préparatoire en Lettres et une licence Humanités, lettres et sciences humaines, il réalise actuellement un Master de Journalisme Culturel à Paris X. Il est rédacteur pour Toute La Culture depuis novembre 2019.

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