Arts
Paris Les Halles – Regards d’aujourd’hui

Paris Les Halles – Regards d’aujourd’hui

08 février 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Les Halles bougent et quoi de mieux que vous les faire voir sous huit nouveaux angles avant la disparition d’un pan de cette architecture où tout parisien a si souvent erré, fait son shopping, trainassé, lézardé, lu des BD, s’est fait une toile…L’entrée et les abords ne seront plus les mêmes.

Pour mieux comprendre et découvrir ces travaux, cet espace de vie qui bouge, huit jeunes talents SFR se sont penchés un mois et demie durant sur cette architecture démentielle qui s’est hélas trop vite dégradée. Sous l’objectif d’ Emilie Arfeuil, Carlos Ayesta, Arno Brignon, Ezio Agostino, Antoine  Katarzynski, Guillaume Martial, Stefan Mihalachi et Julien Raout, nous vivons les halles autrement, nous les parcourons en touristes en quête de leurs clichés dont la grandeur des reproductions nous sidère, ce sont quelques 150000 personnes par jour qui vont s’en prendre plein la vue, un marché de rêve pour de jeunes artistes avides de reconnaissance publique.

 

 

 

 

Emilie Arfeuil nous livre un hard forum, celui des équipes de nettoyage qui luttent jour et nuit contre la saleté qui envahit cet espace: entre les pigeons, les rats et les êtres humains souvent négligents que nous sommes, une prise de conscience peut-être pour certains qu’ils peuvent changer la vie des autres en ne jetant pas tout et n’importe quoi au sol.

Carlos Ayesta a choisi d’individualiser la misère au travers du parcours d’un homme pour qui les Halles ont été un abîme sans fond, le lieu de la dégringolade, de l’exil, de la décomposition, le lieu où comme une taupe, il a fait son terrier jusqu’à ce que les beaux jours reviennent pour lui.

Arno Brignon (photo noir et blanc à droite) réalise des clichés gris, flous, fantomatiques, qui tranchent des autres car ils sont pris en argentique,  il nous montre errants, perdus dans cet espace déshumanisé. Une opposition radicale avec la chaleur des personnages des clichés de Doisneau.

Ezio Agostino (photo ci contre) met en scène la couleur, le détail, il immortalise chaque objet, lui donne vie.

Antoine Katarzynski réalise des portraits. Il met un individu au cœur de l’espace et voit ce que cela donne. Le résultat est étonnant, le gris de l’espace et son immensité déshumanisent l’homme qui, pourtant, est toujours là, à moins qu’il ne s’agisse de parfaits cyborgs.

Guillaume Martial réalise des vues d’une grande profondeur de champ. Il montre l’individu dans l’espace mais dans une démarche inverse de celle d’Antoine Katarzynski. Ses clichés sont des non portraits, l’homme surgit dans le cadre comme accidentellement, les deux semblent sans corrélation.

Stefan Mihalachi saisit le mouvement. Celui indifférent des passants qui ne font que passer et pour qui le chantier n’est qu’une énième transformation de Paris à laquelle ils assistent blasés et résignés. Trop de choses peut-être se passent à Paris pour laisser le temps à ses habitants de s’arrêter sur chacune d’elles. L’indifférence est devenue une des caractéristiques de la vie urbaine.

Julien Raout (photo ci contre) suit la balustrade, le chemin vert. On ne lui a pas permis de photographier derrière alors il contourne la difficulté, il imagine un chemin à travers toutes ces barricades, une envie de verdure se distille à l’horizon, le besoin d’un espace oxygéné, qui respire à l’intérieur de la ville.

A voir également le documentaire Le destin des Halles de Paris au niveau  moins 2 et les autres clichés des exposants à l’hôtel de ville de Paris à l’issue de l’exposition Doisneau (voir notre article à ce sujet)

Le point commun au fond de toutes ces démarches, c’est de dénoncer l’inhumanité de cet espace. L’homme n’y est pas bien, pas de sourires, pas de plaisir, un espace gris conçu pour la consommation et non pour la détente, un espace stressant car plein de monde, sans soleil, sans aération suffisante, oppressant par le bruit, la cohue, l’incertitude de ce qu’il y a au dessus de nos têtes et autour de nous lorsque nous nous y aventurons, nous sommes parvenus à l’opposé de la convivialité qui se dégageaient des halles de Baltard, l’espace est devenu anesthésiant, lieu d’anonymat et de peur et non plus lieu d’accueil et de réconfort. Les halles précédentes n’étaient peut-être pas très propres mais que dire alors de celles dans lesquelles nous évoluons actuellement? Espérons que les Happy Halles, des halles festives, où les gens évolueraient sereinement, tout sourire aux lèvres, seront pour demain.

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Sandrine et Igor Weislinger

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