Arts

Nuit Blanche au musée Picasso et à l’Eglise Saint Etienne du Mont

Nuit Blanche au musée Picasso et à l’Eglise Saint Etienne du Mont

05 octobre 2014 | PAR Carlos Dominguez-Lloret

Face à la programmation de la Nuit Blanche nous avons décidé de prendre la route sans itinéraire fixe, ni peine. Nous avons retrouvé des belles surprises!

Le soir tomba et il est temps de nous embarquer dans la nuit blanche parisienne. Après la chaleur des derniers jours, le vent finalement frappa les rues avec la fraicheur parfumée de l’automne. Notre première destination a été le Musée Picasso. Après 5 ans, le musée ouvrira ses portes fin octobre et pour célébrer l’évènement l’institution a organisé une performance-concert dans sa Cour d’Honneur pour Nuit Blanche 2014.La performance musicale accompagnée de projections a marqué le lancement de la nouvelle programmation du musée. Hier soir, BABX nous a présenté TAMBORS, une création originale accompagné de dix musiciens et de projections sur la façade de l’Hôtel Salé. Le film qui a coloré la façade du musée a été réalisé par Armel Hostiou, réalisateur aussi de vidéo clips pour des groupes français et américains tels BABX, Poni Hoax, Limousine et DM Stith, entre autres.

BABX portant un masque de taureau illuminé, trois tamboreurs bien habillés, de dos au public, et des trompettes sur la mezzanine du musée, nous ont emporté au milieu d’une place espagnole froide et déserte. Malgré tout, le son acharné des cordes et des trompettes a imprégné le lieu de vive sensualité. La chanson a été une reprise, très bien interprétée, de « Pablo Picasso » du groupe bostonien The Modern Lovers. Toute la performance a duré 15 minutes environ, et nous avons quitté la Coeur d’Honneur un peu déçus par la pauvreté des images projetées sur l’Hôtel Salé. Franchement, les images ne faisaient pas rêver.

Après avoir quitté le Musée Picasso, nous avons marché jusqu’au Panthéon. Sur le chemin nous ne nous sommes pas arrêtés, sauf pour regarder trois filles ivres qui dansaient sur la corniche du pont Louis-Philippe. Belle performance celle de ces braves filles! Après quelques minutes nous étions sur la Place du Panthéon et nous sommes allés voir ce qui se passait dans l’église Saint Étienne du Mont. Sur la façade du bâtiment nous avons pu découvrir, avec grand plaisir, l’installation de Evi Keller « Matière-Lumière (Towards The Light – silent transformations) ». Sur la façade de l’église, une marée lumineuse coulait vers le ciel et menaçait d’emporter tout le bâtiment avec elle, puis la lumière commençait à se craqueler sur les visages des statues attrapées dans une maille qui semblait casser toute barrière entre notre esprit et la matière environnante.

Après avoir ressenti cela, nous avons voulu faire l’expérience à l’intérieur de l’église. Nous avons fait la queue et finalement nous nous sommes retrouvés devant un grand écran, puis la projection a débuté pour nous submerger dans une lumière qui éclata dans une sorte d’alchimie temporelle. La lumière blanche qui s’ouvrait devant nous est devenue une lumière dorée, épaisse mais fibreuse, parfois végétale, parfois animale.

L’oeuvre de Evi Keller fournit des preuves métaphysiques qui nous font  rentrer dans ce que Gaston Bachelard a appelé une « dialectique de la durée ». Une dialectique qui nous fait accepter le repos comme un droit de la pensée, toujours inscrit dans le devenir de notre être. La dématérialisation de l’espace par la lumière, nous a emporté dans la guérison de nos blessures temporelles. La lumière dans l’oeuvre de Keller inclut tout passé et tout futur, et le chaos visuel s’avère riche dans la décomposition de nos égos devant son oeuvre. Une fois la lumière éteinte et revenus sur terre, nous avons quitté l’église Saint Etienne du Mont avec le sentiment d’avoir vu une très belle installation. À ce moment la pluie a commencé à tomber et nous avons décidé que c’était l’occasion parfaite de prendre un verre, ou plusieurs, dans le bar d’à côté jusqu’à voir la nuit pâlir.

Visuels @ Niamh McInerney

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