Arts
Marilyn Feltz, une idylle bohème

Marilyn Feltz, une idylle bohème

11 octobre 2022 | PAR Nicolas Villodre

Dans le cadre de la rétrospective William Morris à La Piscine de Roubaix, plusieurs créateurs et créatifs, artistes et artisans – designers, plasticiens, céramistes -, pour la plupart autochtones, étaient présentés ou représentés sur place. C’est le cas de Marilyn Feltz, qui tient boutique et showcase à quelques mètres du grand bain.

Du neuf avec du vieux

Marilyn Feltz et son partenaire de jeu, Alexis Gaffuri, reconnaissent être amateurs de vintage. De vintage, de « circuit court » et d’économie locale. Sylvette Botella-Gaudichon, la commissaire de cette vaste exposition, dit d’eux qu’ils sont « flamboyants, doués et responsables ». Éco-responsables s’entend, écolos malgré leur allure rock, avec leur perfecto les protégeant des intempéries et recouvrant en partie les tissus Jacquard aux teintes sinon éteintes du moins surannées.

Depuis trois ans, ils créent ou recréent, détournent ou recyclent vestiges et vêtures du temps passé : « étoffes anciennes chinées, dénichées » in situ, dans les collections privées d’ateliers de couture ayant baissé pavillon ainsi que soieries lyonnaises, « dentelles et galons du Cambrésis, mohair des Pyrénées ». Ils font travailler au plus près de chez eux les artisans et ouvrières qui conservent un savoir-faire précis et précieux.

Ready made, ready to wear

Avec humilité, ils reconnaissent œuvrer dans le champ du « prêt à porter », ne se la jouent par conséquent pas « haute couture », ni même « sur mesure » – les tailles vont du 36 au 42, avec possibilité de mesures intermédiaires. Naturellement, pour ce qu’il nous a été donné d’en voir, la part belle est faite aux femmes. Alexis Gaffuri interprétant son propre rôle plutôt que celui d’un modèle, sa tenue de scène est apparemment la même que dans la vie.

La démarche de Marilyn Feltz rejoint celle de William Morris, tous deux lorgnant vers un âge d’or esthétique qui n’a probablement jamais eu lieu, sinon dans les représentations sociales, les réseaux du même nom, les magazines féminins, les films hollywoodiens. Marilyn Feltz est aussi et avant tout une marque, comme le devint le patronyme du fondateur des Arts and Crafts. Leur création, pour ne pas dire « production », est en petite série, à coût modique, comme il se doit, qui mérite le détour, à la Piscine ou à quelques encablures, rue de l’Espérance.

Visuel : Alexis Gaffuri et Marilyn Feltz, ph. Nicolas Villodre.

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