Arts
Les vernissages de la semaine du 7 au 13 novembre

Les vernissages de la semaine du 7 au 13 novembre

07 novembre 2012 | PAR Tatiana Chadenat

Le Mois de la Photo donne le ton des vernissages de la semaine. On en compte quatre pour la semaine du 7 novembre. Pour les amateurs de peintures et de dessin, les expositions de Speedy Graphito, de Bénédicte Henderick et de Nicolas Delpart ouvrent leurs portes cette semaine. Elles équilibrent en qualité et presque en quantité, le monopole photo du mois de novembre.

La galerie Polaris présente pour la deuxième fois l’exposition personnelle Speedy Graphito, « the essential of painting 1987-2012 ». Devenu une figure du  Street Art, Speedy Graphito déroule dans cette exposition la variété de ses créations artistiques. L’artiste, au style inimitable, mélange pèle mêle, parodies et  sujets graves. Loin de se focaliser sur sa dernière toile ou de sa dernière fresque murale, l’exposition tend à expliquer l’aboutissement du long processus de création de l’artiste et son incroyable évolution. Le vernissage a lieu le samedi 10 novembre 2012 à la Galerie Polaris, 15 rue des Arquebusiers 75003 Paris.

Au 12 rue des Coutures Saint-Gervais dans le 3ème à Paris, la Galerie Ouizman accueille Nicolas Delprat pour une première exposition personnelle « Quand  résonne le silence ». Il présente des toiles inédites qui plongent les spectateurs dans un univers atmosphérique. Ces toiles enivrantes, rappellent fortement  l’impressionnisme, dans ce qu’il avait de capter le réel, par une juxtaposition de touches, mais sans jamais le figer. Les paysages toujours en mouvement chez  les impressionnistes, s’évaporent chez Nicolas Delprat jusqu’à l’abstraction totale. On distingue vaguement une route, un ciel, un sujet. Le spectateur est plus que jamais immergé dans le brouillard lumineux et poétique de l’artiste. La série « Perseptive » fait penser aux ciels orageux de certaines peintures flamandes, dont l’artiste, récemment installé en Belgique, s’est peut être inspiré. Le vernissage de cette magnifique exposition a lieu le jeudi 8 novembre de 18h à 21h.

Bénédicte Henderick expose pour la première fois à la galerie Catherine Putman. Elle s’illustre tout autant en peinture, qu’en design et qu’en sculpture. Le  dessin surtout, développé sur plusieurs supports, via différentes techniques, est au centre de ses créations artistiques. Papier, carton, toile marouflée, cartes à  jouer, l’artiste varie ses identités au fil de ses supports. Elle présente « Corpus I » de Ando à Picabia. L’exposition, par jeu d’association, fait référence à des  artistes qui l’accompagnent depuis toujours : Tadao Ando, Maurice Blanchot, Jacques Lacan et Francis Picabia. Caminda Aldo, son alter ego, personnification de l’artiste et qui illustre une filiation à Tadao Andi, est utilisée dans « Corpus I », par renvoi. Cette exposition originale par son contenu et son approche, fait parler chacune de ces deux personnalités. Le vernissage a lieu samedi 10 novembre 2012 de 17h à 20h au 40 Rue Quincampoix  75004 Paris.

Quatre vernissages ont lieu dans le cadre du Mois de la photo. Dès cet après-midi, « Les Chefs d’oeuvre » de Louis Stettner sont exposés à la galerie de David  Guiraud 5, rue du Perche, dans le 3e. Un voyage à Paris dans les années 50’s a été déterminant pour l’artiste en herbe qu’il était alors. Par ses rencontres avec  Brassaï, Izis, Doisneau ou Ronis, mais aussi par l’inspiration que représente pour lui la capitale, dont il est tombé amoureux, et dans laquelle il travaille et  réside actuellement depuis 1993. Artiste contemporain et moderne par excellence, il mélange avec force dans ses œuvres, humanisme et esthétisme. Des chefs d’oeuvre à ne pas manquer.

La série de vernissage photos se poursuit le jeudi 8 novembre à la galerie Sit Down qui accueille les clichés de Jérome Grézillon. « Je fais juste de la  photographie par plaisir, je me promène et je fais des paysages. J’ai un billet aller-retour et pendant ce moment je roule, je m’arrête, je fais des photos, je  roule, je m’arrête, je fais des photos, je n’essaye pas de raconter quoi que ce soit, j’évite juste les grosses villes et les gens, c’est à peu près tout. Mon but c’est  un peu de me perdre. J’aime bien ces lieux de vie, quand il n’y en a pas. Ce sont des endroits où je suis bien avant tout, je prends du plaisir à cadrer, je prends du plaisir à attendre la lumière. J’aime bien quand les lumières se mélangent, la lumière du jour et la lumière urbaine. Je suis là mais je suis presque plus spectateur qu’autre chose. Ce qui m’intéresse c’est d’être seul, c’est presqu’une fiction, comme un décor et je me promène dans ce décor, et tout ça, vide, c’est juste beau. » Photographe de presse, pour Libé, les Inrocks, Le Monde et Télérama entre autres, Jérome Brézillon a accumulé au cours de sa carrière des photos personnelles de paysages, d’espaces immenses. Une exposition qui présente ses clichés esthétiques et presque abstraits comme un hommage à l’artiste disparu en mars 2012.

Le centre culturel Suisse prend la relève vendredi pour l’exposition d’Hannah Villiger. L’exposition est unique, elle a été proposée par Eric Hattan, artiste et exécuteur testamentaire d’Hannah Villiger (1951 – 1997). Les clichés polaroïds qui sont présentés n’ont été vus qu’une seule fois du grand public en 1993 au Cabinet des Estampes du Musée d’art et d’histoire de Genève. Ces clichés représentent l’artiste qui, avec un polaroid, matrice de son travail, met en scène son  corps comme objet de travail, dont elle explore minutieusement les formes, sans pudeur. C’est l’occasion d’un examen mécanique du corps humain, le sien, qui relève presque de la sculpture. L’exposition n’est pas l’occasion d’une mise en scène romantique du corps féminin, elle met en scène librement des fragments de son corps côte à côte, sans narcissisme ni voyeurisme. Le vernissage à lieu le vendredi 9 novembre à 18h00.

Au Centre Culturel Irlandais, les clichés de Richard Mosse mettent en exergue le conflit en République démocratique du Congo depuis 1993. L’artiste nous  donne à voir les atrocités de ce conflit complexe, étalé sur fond rosé et pourpre grâce à une pellicule Kodak Aérochrome qui modifie les couleurs du paysage.  Photojournaliste, Richard Mosse a emprunté ce film de reconnaissance aérienne à sensibilité infrarouge, à l’US Army, qui l’utilisait pour détecter les  camouflages. La guerre est sublimée par cette technique et les clichés des rebelles, monstrueux de beauté. Cette exposition intitulée « Infra » a été déjà été présentée à Dublin, Liverpool, Belfast et Toronto. L’artiste de 32 ans seulement, qui réside à New York, a déjà exposé aux quatre coins du monde : Miami au Bass Museum, Londres à la Tate Modern, et Berlin à la Kunsthalle de Münich. L’exposition débute le vendredi 9 novembre, au 5 rue des Irlandais, Paris 5ème.

Crédit d’image :  (c) Richard Mosse, Centre Culturel Irlandais

L’expo Walls And Rights, militante et humaniste, du 17 au 25 novembre
Balade champêtre dans le parc de l’Elysée
Tatiana Chadenat

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