Arts

Les fantômes d’Enki Bilal envahissent le Louvre

Les fantômes d’Enki Bilal envahissent le Louvre

21 décembre 2012 | PAR Sarah Barry

Le Louvre poursuit sa série de petites expositions temporaires avec le réalisateur et auteur de bande dessinée Enki Bilal. Résultats de ses errances dans l’illustre musée, les 23 « planches » associant photographie, dessin et peinture matérialisent à leur surface les fantômes de chefs-d’oeuvre bien connus. Une manifestation scénographiquement peu léchée mais dont le contenu séduit l’oeil.

Enki Bilal a parcouru le musée du Louvre, laissant son instinct guider l’appareil photo et saisir quelques trésors en vue frontale ou en biais. Sur les toiles de fond grand luxe ainsi créées, il a dessiné et peint directement les figures évanescentes issues de ses recherches sur les oeuvres, mais surtout de sa fantaisie. Car ces fantômes sont des personnages fictifs qui auraient pu participer à l’histoire des chefs-d’oeuvre choisis. Une biographie imaginaire accompagne chaque planche et les chimères d’Enki Bilal dévoilent les secrets de leur âme en peine.

Aloyisias Alevratos est né à Pergame en 241 avant JC et croise le destin de la Victoire de Samothrace avant de perdre la tête sur son char ; Analia Avellaneda fréquente Le Greco avant de mourir mystérieusement dans l’incendie de son atelier … Coup du sort ou suicide ? Enki Bilal manipule le fait divers, entre jalousies, accidents et catastrophes naturelles, afin d’évoquer la fragilité de la vie dans toute l’ironie d’un humour un peu noir.

C’est aussi avec grand plaisir qu’il s’est transformé en historien pour pénétrer l’intimité des chefs-d’oeuvre du Louvre et devenir une sorte de Vasari moderne, comme le qualifie Fabrice Douar, commissaire général de l’exposition. Au XVIe siècle, l’artiste et écrivain italien s’était en effet consacré longuement à l’évocation érudite de la vie des plus grands maîtres de la botte. « C’est un travail très conceptuel, nous signale néanmoins Enki Bilal, autour d’un réel que j’ai recréé. Je ne suis pas un historien, il a fallu aller en arrière et j’ai découvert le métier d’historien. Mais sans doute que les vrais historiens vont hurler ! »

Quoi qu’il en soit, c’est la première fois que l’on donne à voir et à lire, dans une démarche artistique globale, au musée du Louvre. « Je suis fier de ça », sourit le dessinateur.

 

Visuels : (c) Sarah Barry

 

=> En vente parallèlement à l’exposition, Les Fantômes du Louvre, 144 pages, 66 ilustrations, Futuropolis / Musée du Louvre Editions.

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