Arts
Le regard de McCurry au musée Maillol

Le regard de McCurry au musée Maillol

12 décembre 2021 | PAR Orane Auriau

Le monde de Steve McCurry : jusqu’au 22 mai 2022, le musée Maillol dédie une rétrospective au photographe humaniste. Une exposition grandiose qui revient sur plus de quarante ans de carrière, à travers plus de 150 oeuvres. 

 

Une icône de la photographie

Connu pour le portrait d’une jeune afghane aux yeux verts -Sharbat Gula-, Steve McCurry est aussi un photographe à l’oeuvre immense et prolifique, que le musée Maillol a su mettre en valeur sans ordre chronologique ou thématique. Articulée sur deux niveaux, la rétrospective présente sans fioriture les clichés de cet homme qui a parcouru le monde, dans un dédale d’œuvres illuminées au sein d’un espace plongé dans le noir. Des visages et paysages des six continents parcourus en temps de paix comme en tant de guerre. Un photographe qui eut à cœur de relever, durant ses décennies de carrière, la multiplicité des identités humaines : relevant ce qui nous relie, tout autant que ce qui nous différencie. Dans le regard des portraiturés lancé à l’objectif nous reconnaissons, comme le disait Emmanuel Lévinas, cette altérité : « autrui est visage »

 

Justesse et sincérité

De la multitude de visages en plan serré et scènes de la vie quotidienne, nous nous sentons intégrés à son univers. Des ruines de villes bombardées, de l’Afghanistan des décennies 1970 et 1990, de l’Asie des temples bouddhistes et des arts martiaux jusqu’à l’Amérique traumatisée par le drame du 11 septembre. Le photographe américain laisse une trace pérenne dans le temps d’individus et d’identités multiples ; d’une humanité dans tous ses aspects. 

Une oeuvre touchante, qui documente notre monde. Au Pakistan, au Cambodge, au Brésil, en Italie. Comme il le dit lui-même, la photographie s’affranchit des limites et codes de la langue : elle est un mode d’expression plus libre mais aussi vive, directe et incisive. Au gré des guerres et cultures qu’il observe, le langage utilisé est sans superficialité. Une réussite pour les commissaires d’exposition, qui nous plongent véritablement et durablement dans « le monde de Steve McCurry ». C’est un regard sincère et beau, des images que le spectateur peut librement interpréter, dans un florilège de couleurs et d’émotions. 

 

« Une photo peut exprimer un humanisme universel, ou simplement révéler une vérité délicate et poignante en exposant une tranche de vie qui pourrait autrement passer inaperçue. » Steve McCurry

 

Visuel de l’exposition. © Musée Maillol

Morondava, Madagascar, 2019 © Steve McCurry

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Orane Auriau

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