Arts
L’avant garde s’expose à Cutlog

L’avant garde s’expose à Cutlog

20 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La FIAC voit graviter autour d’elle nombre de OFF. Cutlog en fait partie depuis trois ans, et ne cesse, succès croissant à l’appui de zoomer sur les talents émergents. L’édition 2011, placée sous le signe « under the radar » vernissait dans la foule hier soir. L’occasion de parler aux artistes, devant des œuvres engagées, belles et déroutante. Une bien jolie foire !

42 stands en cercle nous offrent un panorama des tendances internationales. Très rares vidéos, une belle place donnée à la photographie, à la sculpture et la peinture. les médiums sont classiques, les sujets aussi. La façon de les traiter et les risques pris changent. Pays cible de nombreuses attaques, la Chine voit au moins deux artistes s’en prendre à sa politique de censure. Thomas Palme pour la galerie chinoise Stage Back ose un nu de Mao, en pute offerte, les tétons remplacés par d’un côté la faucille et de l’autre le marteau. Dans un style différent, le talentueux photographe italien Ruggero Rosfer a, lors d’une année passée à Shanghai rencontré l’artiste Shaokun. Elle a posé pour lui, lui a photographié, elle a repeint la photographie. Le résultat donne une œuvre en relief, captivante. Ruggero Rosfer vient à notre rencontre et nous raconte, catalogue à l’appui son travail. La question de la liberté de l’artiste l’a envahi lors de sa présence en Chine, il a naturellement pris l’exemple d’un facebook bloqué, transformant son modèle en page du célèbre réseau. On peut apercevoir un autre pan de son travail dans ce minuscule espace. Une femme, en Christ, couverte de bleue, sur un lit. L’image est une commande pour une campagne de sensibilisation contre les violences envers les femmes en Italie. Jugée trop choc, elle a été refusée.

Troublantes, également, sont les images de Thomas Devaux présenté chez Gabriel et Gabriel. Il part de son travail de photographe de mode et se joue des textures. Ces photos agissent comme des tableaux dans un flou magnifique. Les visages s’effacent provoquant un mouvement de disparition. Trouble encore dans le réalisme des sculptures de Rainer Kurka. Ses bustes de femmes au regard vide sont hypnotiques. Coup de cœur sans faille pour cette fille au dragon tatoué.

Autre ambiance, jolie, chez les sympathiques Belges de la galerie Hoffman, épuisés du voyage ! Chez eux, les objets sont détournés ou ludiques. On apprécie la beauté interactive du travail de Vladimir Skoda avec son « Cora », une sphère plaquée or accrochée à un filin qui, lorsqu’on la pousse se reflète dans un miroir concave créant un bel effet de rythme.

Changement d’ambiance radicale avec le travail de Barabara Husar, éleveuse de chèvres baba dans le désert du Sinaï reproduit à Cutlog un campement : tente, photos, vidéo. L’ensemble agit comme un décor de théâtre même si chaque pièce est une œuvre en soi. Une respiration heathy au milieu d’une foire d’art contemporain nécessairement angoissée par le monde.

 

 

 

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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