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Laetitia Larralde : « Tout ce que voit une personne créative se retrouve d’une façon ou d’une autre dans ce qu’elle crée »

Laetitia Larralde : « Tout ce que voit une personne créative se retrouve d’une façon ou d’une autre dans ce qu’elle crée »

10 juin 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Laetitia Larralde est artiste. Quand elle ne dessine pas, quand elle ne grave pas, elle écrit pour Toute La Culture. Souvent, l’écriture et le geste se croisent. Interview.

Laetitia, vous coordonnez pour TLC la rubrique BD, avec un tropisme japonais. D’où vient cette passion pour le Japon ?

J’ai grandi en regardant les dessins animés japonais. En rentrant de l’école, on regardait le Club Dorothée avec ma sœur : Cat’s eyes, Dragon ball, Les Chevaliers du zodiaque, Jeanne et Serge… Même si tous les personnages avaient des prénoms français et l’okonomiyaki se transformait en pizza dans l’adaptation, c’est là que j’ai commencé à m’intéresser à la culture japonaise. Ensuite j’ai découvert le manga avec Ranma ½, les longs métrages du studio Ghibli sont arrivés au cinéma, puis j’ai découvert Hokusai et les estampes… Quand j’ai finalement sauté le pas et fait mon premier voyage au Japon il y a une dizaine d’années, j’avais déjà de nombreuses références en tête. J’avais l’impression de voir toutes ces images familières prendre vie. J’ai été totalement conquise.

Est-ce que dans vos dessins cela se retrouve ?

Oui, bien sûr ! Tout ce que voit une personne créative se retrouve d’une façon ou d’une autre dans ce qu’elle crée. Dans mes dessins, le Japon est très présent dans les motifs et les thèmes, mais je pense que j’ai intégré aussi une certaine façon de composer mes images, entre l’estampe et le manga.

D’ailleurs, comment dessinez-vous ? Avec quelles techniques ?

J’aime le crayon, les feutres à pointe fine, les crayons de couleur… J’ai profité du confinement pour prendre des cours d’aquarelle, parce que je sentais que j’avais besoin de reprendre cette technique à la base pour arrêter de juste « bidouiller » avec. Après ça, je suis partie sur quelques illustrations dans le style du Vieil homme et son chat, un manga de Nekomaki, au crayon gras et aquarelle, et j’ai maintenant de quoi faire un petit livre…
Depuis 4-5 ans je pratique aussi la gravure. J’ai passé un an et demi sur un conte japonais à l’eau-forte, et maintenant j’approfondis les autres techniques, notamment la linogravure, qui se fait plus facilement quand on n’a pas accès à un atelier.

Exposez-vous ? Si non est-ce un désir ?

Il m’est arrivé de faire des petites expos personnelles, mais dernièrement ce sont essentiellement des expos collectives, dans le cadre de mon atelier de gravure, qui sont très amusantes.
J’ai aussi quelques bandes dessinées publiées, les plus récentes étant des histoires courtes pour la revue Le Cri du margouillat, une revue de BD de la Réunion.
Mais j’aimerais développer tout ça, montrer plus largement mon travail.

Pour Toute La Culture, vous avez dessiné souvent : des articles, un tote bag, vous avez réalisé la scénographie du musée Cernuschi lors d’un Paris Musée Off et aujourd’hui des vignettes pour chacune de nos catégories. Finalement, est-ce que la direction artistique est ce qui vous définit le mieux ?

C’est vrai qu’avec Toute la Culture, j’ai un espace d’expérimentation génial ! J’ai pu faire des choses que je n’aurais pas imaginées, c’est très stimulant. Le format du reportage dessiné, par exemple, est une chose à laquelle je pensais depuis un moment, et sur laquelle je me posais, et je me pose encore, beaucoup de questions. Par exemple, comment représenter une œuvre sans dénaturer le travail de l’artiste ? Dans quelle mesure est-ce que je peux me représenter sans tomber dans un format blog ? Pour l’instant j’ai pu le faire sur des festivals, mais j’aimerais aussi pouvoir trouver la bonne formule pour des expositions plus classiques, ou pour des BD.
En ce qui concerne la soirée du musée Cernuschi, je n’en reviens pas de tout ce qu’on a réussi à mettre en place, c’était incroyable !
J’aime travailler sur la structure, mettre en place une base stable sur laquelle on peut s’appuyer pour construire la suite. Je dois tenir ça de ma formation d’architecte d’intérieur…

Dernière question, qu’est-ce que vous lisez en ce moment ? C’est bien ?

En ce moment je lis un roman de Joy Kogawa, Obasan, sur la façon dont ont été traités les canadiens d’origine japonaise pendant la seconde guerre mondiale. J’avoue que je n’aime pas beaucoup, je n’accroche pas au style. Mais comme je n’arrive pas à abandonner un livre en cours de route, je le finirai ! Ensuite le tome deux du Meurtre du commandeur d’Haruki Murakami m’attend, j’ai hâte.
Je relis aussi des séries de mangas qui me font du bien, de ceux qui vous laissent avec le sourire quand on le referme, comme Barakamon de Satsuki Yoshino, ou Kamakura diary d’Akimi Yoshida, qui a influencé mon dernier voyage au Japon. En ce moment c’est Père & fils de Mi Tagawa, une série sur un herboriste itinérant qui apprend à connaître son fils de quatre ans sur les routes de la campagne japonaise.

Et une vraie dernière ! Où peut-on vous suivre ?

J’ai tout simplifié pour me concentrer sur Instagram. Et sur Toute la Culture, bien sûr !

 

Visuel :©Laetitia Larralde

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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