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La mariée mise à nu, femme fatale de Marcel Duchamp

La mariée mise à nu, femme fatale de Marcel Duchamp

08 mars 2013 | PAR JD

Le Grand Verre, œuvre totale de Marcel Duchamp. Une mariée mise à nu, femme fatale, objet de désir inaccessible.

La Mariée mise à nu par ses célibataires, mêmes ou Grand Verre, exposée au Musée de Philadelphie, est considérée comme l’oeuvre majeure de Marcel Duchamp. Fruit de 8 années de travail (de 1915 à 1923), le Grand Verre fut fêlé lors de son transport en 1916, mais Duchamp refusa de le faire restaurer.

Une mariée mise à nue fait-elle encore fantasmer les voyeurs célibataires de 2013 ? Le fait est qu’au début du siècle, c’est peut-être bien cela qui faisait bander Marcel. L’idée du Grand Verre serait apparue dans le cerveau génial de Duchamp en 1912 lors d’un voyage en automobile, retour d’un périple en compagnie de Gabrielle Buffet, Apollinaire et Picabia. 1912, donc, trajet en automobile du Jura vers Paris. La mariée d’un côté, les célibataires de l’autre. Gabrielle Buffet, belle, drôle, brillante mais mariée (avec Picabia d’ailleurs ! ), et terriblement convoitée par les hommes qui l’accompagnent (ce voyage inspira également Apollinaire qui composa Zone durant le périple).

Toujours est-il que cette mariée qui se dévoile a concentré la créativité de Duchamp durant presque 10 ans. L’objet du désir de l’ inventeur du ready-made ? Une mariée. Inaccessible. La femme fatale telle que l’a mythifiée le cinéma américain ? Belle, sexy, intelligente, mystérieuse, manipulatrice… et finalement, peut-être bien inaccessible car jamais véritablement saisissable. La femme fatale se joue des hommes, leur fait miroiter la possibilité d’assouvir leur désir tout en restant assez lointaine pour maîtriser la situation. Il y a une dimension inaccessible chez la femme fatale et si elle est objet, n’est qu’objet de désir. Une femme « consommée » n’a peut-être, finalement, plus grand chose de désirable… La mariée de Duchamp est convoitée, glorifiée, magnifiée jusqu’à l’obsession.

Œuvre complexe aux formes obscures, le Grand Verre est un labyrinthe dans lequel il s’agit de créer son chemin. Aboutissement des ready-made sans doute.  Devant ses lignes obscures, chacun est libre d’ interpréter et de se raconter sa propre histoire. Celle de Marcel Duchamp, soigneur de gravité, était peut être un poème à la gloire d’une femme qu’il imaginait fatale.

Et si le Grand Verre vous intéresse  une explication éclairante de Jean Suquet est proposé ici. Vidéo un peu old school mais commentaire passionnant.

visuel : extrait d’une vidéo daylimotion d’explication de l’oeuvre

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JD

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