Arts
La disparition du sable, aquarelles de Maud Louvrier-Clerc

La disparition du sable, aquarelles de Maud Louvrier-Clerc

07 février 2021 | PAR Pauline Lisowski

Née à Bourg-la-Reine et fille d’un père transporteur globe-trotteur et d’une mère historienne, Maud Louvrier-Clerc place l’identité, l’interdépendance et l’empreinte au coeur de son travail. Focus sur la série « La disparition du sable », un travail à découvrir au coeur de l’exposition « Formes du vivant » qui vernit ce vendredi 12 février à Plateforme, Paris, dans le cadre du week-end du Grand Belleville. Vous y verrez aussi les oeuvres des artistes Lélia Demoisy, India Leire et Lucie Linder.

La disparition du sable présente une grande variation de couleurs, de formes et de tailles de grains qui nous incitent à plonger dans des espaces miniatures. Des îles, des littoraux, des bouts de continents apparaissent. Les formes représentent des grains de sable, de roche, des bouts de coquillages, des moules, des couteaux, qui se désagrègent aux aspérités différentes. Maud Louvrier-Clerc magnifie quelques fragments qu’elle représente comme vus au microscope pour montrer leur multitude de couleurs et la lumière qui les ponctue. Souvenirs et imaginaire s’associent dans ses aquarelles, gammes colorées présentant plusieurs quantités de grains, agglomérats, compositions ou attention à un minéral en voie de disparition.

L’artiste joue avec les transparences en peignant couche par couche et faisant surgir diverses couleurs à l’intérieur de taches d’aquarelle. Son processus pictural rappelle celui de la marée. Elle commence par dessiner puis se fie aux heureux hasards de la rencontre de l’eau avec le papier. Cette réaction fait écho à celle de l’écosystème de la mer et aux impacts sur celle-ci difficilement contrôlables. L’extraction du sable a en effet de nombreuses conséquences néfastes sur l’environnement et l’humanité en avale 40 à 50 milliards de tonnes chaque année. L’artiste évoque ici sa disparition progressive, ses usages étant nombreux pour le béton, les terres agricoles ou les puces électroniques alors que des dizaines voire des centaines de milliers d’années sont nécessaires pour que la nature en produise.

Les couleurs sont issues de ses souvenirs de ce contact du sable dans ses mains. Elles évoquent également l’action de l’homme sur les littoraux. Les sables bleus renvoient à la mer qui recouvre les grains tandis que les verts peuvent nous faire songer aux débris de bouteilles en verre qui polluent les plages. Ses sables colorés suscitent l’émerveillement. Ses collections de grains incarnent des littoraux fragilisés et des paysages marins dont on garde les souvenirs en mémoire.

Maud Louvrier-Clerc condense dans cette série d’œuvres sur papier, les effets de l’homme sur l’environnement et l’action de la mer sur les grains de sable. De nombreuses lectures d’articles sur les effets de la pollution à l’ère anthropocène et ses promenades en bord de mer ont nourri la création de cet ensemble.

Légende : La disparition du sable, 2020, aquarelle, 27 cm x 36 cm
crédit photo : Maud Louvrier-Clerc

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Pauline Lisowski

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