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La Commune devient limpide à la Mairie de Paris

La Commune devient limpide à la Mairie de Paris

17 mars 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Le 18 mars ouvre une exposition évènement à l’Hôtel de Ville. Pour les 140 ans de cette révolution municipale qu’est la Commune, la mairie offre un parcours clair, pédagogique et pointu sur deux mois d’histoire qui ont changé Paris.

Après avoir résisté pendant quatre mois à un siège militaire, Paris subit l’humiliation d’être occupée par l’armée allemande le 1er mars 1871. Le 18, la ville se soulève contre la décision de l’Assemblée nationale résolue à désarmer la ville. Le nouveau gouvernement dirigé par Thiers quitte la capitale et s’installe à Versailles. Le Comité central de la Garde nationale parisienne organise alors des élections pour la formation d’une Commune qui s’installe le 28 mars dans l’Hôtel de Ville. S’en suivent deux mois de mesures progressistes et révolutionnaires, telles la séparation de l’église et de l’état, l’abolition du travail de nuit, instruction laïque, gratuite et obligatoire.

L’exposition au parcours agréable se veut « évènementielle et non mémorielle » signale le conservateur. Le pari est qu’un visiteur, à la fin de sa déambulation puisse savoir ce que la Commune a été, son effacement par le gouvernement Thiers, et les conséquences sur l’architecture de la ville. Cette volonté est respectée.

« La Commune, 1871, Paris capitale insurgée » propose un cheminement chronologique. On démarre naturellement par l’installation du nouveau régime. Les principaux décrets sont exposés, quelques photographies, rares à cette période, des dessins. On y voit les drapeaux rouges envahir la ville. Plus loin, les barricades se dressent, puis les acteurs de la Révolution, avec un focus sur le journaliste Jules Vallés et la féministe Louise Michel. Notons que la scénographie laisse une belle place aux femmes, les « pétroleuses » qui ont contribué à la résistance face aux troupes versaillaises.

On y voit les communards détruire la colonne Vendôme et la maison de Thiers, sur décret. S’en suit la célèbre semaine sanglante remarquablement expliquée et illustrée ici par des photographies, des gravures et des registres originaux. Une photographie présente Paris en flammes, une lithographie d’Édouard Manet, Guerre civile, montre un cadavre devant une barricade. Les communards sont massacrés, parqués à l’Orangerie dans des conditions d’hygiène déplorables. Les cadavres jonchent le sol et Thiers s’enorgueillit. La ville est en ruine, enflammée par les révolutionnaires, détruite. Paris sera pendant une courte période, totalement dévastée au point que cette nouvelle Pompéi devienne l’objet de guides touristiques ventant la tournée des ruines.

Le gouvernement Thiers rétabli , après avoir voulu dans un premier temps garder les ruines pour associer l’image de la Commune à la destruction, décide finalement, dans un souci d’effacer ces deux mois d’histoire de reconstruire la ville , notamment l’Hôtel de Ville, bâtiment du XVIe siècle, reconstruit à l’image de l’original, avec des matériaux et des techniques de la fin du XIXe siècle.

Encore aujourd’hui, le mur des fédérés qui a vu au cimetière du Père Lachaise les fusillades des communards rassemble chaque année une commémoration. L’amnistie est votée en juillet 1880, plusieurs Communards peuvent alors siéger au Conseil municipal de Paris.

L’exposition offre un regard nouveau, par la mise en avant de 200 œuvres et documents rares de cette période en ajoutant un apport sur l’histoire architecturale de la ville. Passionnant.

(c) Léon Sabatier et Albert Adam – 24 mai. Incendie de l’Hôtel de Ville © BHdV Roger-Viollet

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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