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La BNF expose le best seller médiéval Le Roman de la Rose

La BNF expose le best seller médiéval Le Roman de la Rose

05 novembre 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La BNF, dans son pavillon de l’Arsenal présente dans une courte et intense exposition joliment nommée L’art d’aimer au Moyen Age, Le Roman de la Rose une double lecture du célèbre poème : l’histoire qu’il raconte et son histoire propre.

Aux XIIIe siècles deux auteurs successifs écrivent le poème le plus célèbre du Moyen Age : Le Roman de la Rose. Edité à au moins 300 exemplaires, il est l’équivalent pour l’époque d’un actuel best-seller, par sa popularité, mais aussi par son sujet… L’amour.

Une centaine de pièces sont présentées dans les magnifiques salles historiques de la bibliothèque. On y découvre cette histoire par moment grivoise d’un jeune homme dans son rite initiatique. Les salles concomitantes mettent bien en avant la différence entre les deux auteurs.  La première partie; Art d’aimer, est écrite vers 1230 par Guillaume, natif de Lorris-en-Gâtinais. Elle est une allégorie racontant le songe d’un amant cherchant à cueillir sa rose.  La seconde partie, le Miroir aux amoureux, a été composée entre 1270 et 1280 par  Jean de Meun est une satire de son temps.

En suivant le récit, on croise les personnages propres à l’amour courtois et à ses réfractaires. Chaque émotion devient une enluminure. Vanité, jalousie, amitié…On croise ici, une commande faite par le Duc de Berry, c’est dire si la finesse d’exécution  des pièces choisies est d’une rare beauté.  Le parcours cherche à nous plonger dans la civilisation médiévale, le livre ayant eu une large postérité. C’est sans doute la dernière salle qui est fascinante mettant en perspective l’objet avec sa destinée. On voit ainsi comment le roman a été « moralisé » pour répondre plus aux exigences chrétiennes. On voit aussi à quel point chaque version est différente d’une autre. La scénographie joue le jeu en disposant côte à côte ces manuscrits œuvres d’art qui offrent des lectures opposées, tantôt légères, tantôt graves.

L’occasion double d’entrer dans les espaces précieux de la BNF pour une plongée dans la civilisation médiévale dont les préoccupations, tout d’un coup, se rapprochent de nous à l’heure du carton de 50 nuances de Grey.

 

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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