Arts
L’invention de l’œuvre, Rodin et les ambassadeurs

L’invention de l’œuvre, Rodin et les ambassadeurs

09 juin 2011 | PAR Justine Hallard

Alors que le musée va bientôt offrir une nouvelle jeunesse à l’Hôtel Biron, ainsi qu’à la mise en valeur de ses collections, l’exposition L’invention de l’œuvre, Rodin et les ambassadeurs, respire quant à elle pleinement la modernité !

Dans une scénographie ultra contemporaine, une centaine d’œuvres de Rodin (1840-1917) se mêlent et se croisent à celles de vingt et un autres artistes, par des créations de 1945 à nos jours. Une exposition où les ambassadeurs se nomment pour les plus célèbres : Giacometti, Dubuffet ou encore Duchamp et Miró.

Regards croisés.

Cette mise en abyme du travail de Rodin se révèle à travers onze sections – Modeler, Lisser et Polir, Matières et matériaux, Assembler, Combiner, Figures partielles, Reproduire, la Peau, Dissoudre, Séries et variations, Fragments – donnant lien et sens au spectateur à ce nouveau regard porté sur l’œuvre de Rodin, permettant d’y découvrir pour l’occasion des pièces que très rarement exposées.

Plus qu’un tour d’horizon des techniques inhérentes à la sculpture, l’exposition susurre les permanences et variations de l’acte de création lui-même tout en interrogeant le statut de l’objet et de celui élevé au rang d’œuvre d’art. C’est ainsi que les 289 coquilles d’œufs (1966) de Marcel Broodthears ou la collection d’objets sur étagère The Village people (2007) de Haim Steinbach trouvent tout leur sens aux côtés de la question de la reproduction mercantile et à l’infini du célèbre Baiser (1889).

Cette relecture de l’œuvre de Rodin trouve aussi écho, non sans humour, dans l’installation vidéo de Douglas Gordon Star Trek, Predicable Incident in Unfamiliar Surroundings (1995), où les rares scènes de baisers du Capitaine Kirk sont malmenées par l’artiste pour jouer des codes de la représentation.

L’invention de l’œuvre par Rodin et ses ambassadeurs réussit son pari de faire résonner les œuvres entre elles, de leur tendre un miroir, celui de l’intemporalité de l’art.

 

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Justine Hallard

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