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Habemus Claude Lévêque

Habemus Claude Lévêque

17 octobre 2011 | PAR Bérénice Clerc

Entre le 14 octobre et le 26 novembre il faut franchir les portes de la galerie Kamel Mennour 47 rue Saint André des arts dans le 6e pour découvrir un univers magique où l’art contemporain devient accessible à tous. La seconde exposition personnelle de Claude Lévêque dans cette galerie offre un triptyque énigmatique envoutant et lumineux.

Vendredi 14, vernissage à Paris, les amis de l’art contemporain se donne rendez-vous dans la cour de la galerie Kamel Mennour pour parler art entre spécialistes ou se toiser et comparer leur look très original, absolument à la mode. Catherine Deneuve d’élégance et de classe vêtue ouvre elle aussi les portes de l’univers de Claude Lévêque et pénètre dans cette installation.

Pénombre saisissante, installation en mouvement, ombre, lumière, grincements, cauchemar éveillé, peurs enfantines et nocturnes, en une seconde Claude Lévêque saisit son spectateur, l’ancre au sol, le fait tournoyer en lui même, voyager dans son imaginaire. L’œil, l’oreille, le corps entier est en jeu pour cette première partie.

Du grave à l’aigu le spectateur pénètre la matière sonore,  une seconde salle à la lumière sourde comme suspendue, divine, sans contour, magique, maléfique, toute puissante comme chez James Turell. Mais ici le soleil est mort, il s’est éteint pour laisser place à la lune artificielle d’un groupe électrogène diffusant des rayons pâles. Ici, tout n’est qu’ordre et beauté, antimatière dans une autre dimension ou l’espace temps n’existe plus. Les cierges ne parviennent plus à réchauffer le monde, quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, Baudelaire avait le Spleen, Claude Lévêque fait dialoguer pureté et souillure parmi les ruines d’un monde enchainé sous une pluie noire en chute dans un crissement lancinant digne des angoisses les plus profondes.

Monde en berne, fin d’une époque, poussières toxiques et fantômes d’une société ou la pensée offrait la liberté. Peuplé de fantômes invisibles l’Homme avance dans son chaos à la recherche de son passé dans des nuits agitées tant le futur l’effraie.

La salle suivante, une danseuse étoile chute sous les rires moqueurs des bovidés ou moutons encore capable de croire à leur liberté quand tous les enferment.

Entropie, déréliction, délitement, le cœur bas encore, mais sa musique déraille, tombe, repart, peine à trouver sa mesure, s’agite comme un orchestre sans chef, comme dans un rêve sans contour.

Au bout du chemin, il reste une salle, celle de la mémoire, toute petite, après un escalier, au fond d’un couloir, dans une cave voutée, il subsiste une lumière vive pour tenir, avancer, reprendre l’espoir, assumer sa propre perte pour reconstruire un avenir plus lumineux.

« Basse Tension » est le monde tout au bout du chemin. Un monde où il reste juste assez d’électricité pour nous maintenir en vie. Mais pour combien de temps encore ?

Heureusement l’art nous éclaire il est accessible à tous, habemus Claude Lévêque.

 

Photo Côme Duwa.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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