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YIA Art Fair #3 : un off qui offre un coup de projecteur sur des artistes prometteurs

YIA Art Fair #3 : un off qui offre un coup de projecteur sur des artistes prometteurs

24 octobre 2013 | PAR Hugo Saadi

Pour sa troisième édition, le salon international d’art contemporain YIA – Young International Artists s’est déployé dans quatre espaces sous verrière. Entre le Bastille Design Center, le Loft Sévigné, la Galerie Joseph Turenne et l’Espace Commines, ce n’est pas moins de 70 galeries représentant 80 artistes qui s’offrent à vous. En plus d’une belle balade dans le Marais, la foire YIA vous divertira par la créativité et l’originalité de ses contenus.

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Le YIA se présente sous quatre espaces d’exception dans le Marais. Commençons notre tour par le Loft Sévigné (46 rue de Sévigné). Sous sa verrière aux armatures métalliques, deux œuvres nous ont particulièrement étonnés. La première, signée de l’artiste Léa Le Bricomte, « Dripping medals » présente médailles et rubans militaires de différentes nations (photo 2). Disposées de manière non longiligne, on pourrait y voir à première vue une sorte de code barre couleurs dégoulinant. Léa le Bricomte allie le ready-made, le savoir-faire avec l’action. On peut aussi en avoir un aperçu avec son autre œuvre, des anciens obus montés sur des roues, tels des skateboards (photo 3). Après avoir passé en revue les autres œuvres du lieu, nous montons dans la mezzanine pour nous retrouver face à face avec des hommes, le visage dissimulé sous une capuche. L’un deux a une jambe en moins, elle git sur le sol, un autre vient de passer sa tête à travers une toile blanche. Il s’agit de l’œuvre de Mark Jenkins qui insère ses moulages de corps aux silhouettes hyper-réalistes. S’ils sont totalement immobiles, leurs actions dégagent une tension et même une certaine violence. (Photos 4 à 6).

Ensuite, direction la Galerie Joseph Turenne (116 rue de Turenne) pour une visite sur trois étages. Sculpture en bois (photo 7), pot de peinture renversé (photo 8), on retiendra surtout la création de Beat Lippert. Dans tous ses travaux la question du temps joue un rôle important. L’artiste s’intéresse à la découverte des changements de perception à travers le temps. Inspiré par la statuaire antique, il crée soit de nouvelles figures, soit des répliques à l’identique, avec cette volonté de construction et reconstruction. Dans le cadre de YIA, Beat Lippert présente une série de petites figures qui ressemblent à des découvertes archéologiques et qui sont en réalité de simples peluches issues de notre quotidien (photos 9 à 11).

A quelques mètres de là se trouve L’espace Commines (17 rue Commines). Quelques folies à signaler dans cet espace comme l’art optique représenté par les fils multicolores / arc-en-ciel de Gabriel Dawe (photo 12) ou cette mystérieuse cage à oiseaux. Cette œuvre signée par None Futbol Club est véritablement l’œuvre phare de cet espace. Dans une cage, des moineaux du Japon ne disposent que de quelques barreaux pour se poser. Une toile de lin est étendue au fond de la cage et c’est avec le recul que l’on comprend l’originalité de la création. En effet, les différents barreaux installés représentent des lettres où les déjections des moineaux, en tombant, élaborent un tracé sur la toile. Située juste à côté de la cage, la phase finale est accrochée au mur. On y découvre la phrase suivante « Get Rich » où les fientes des moineaux ont remplacé le coup de pinceau ou de crayon (photos 13 à 15).

Enfin la dernière étape s’effectue au Bastille Design Center (74 boulevard Richard Lenoir), magnifique lieu au sol en briques. On peut facilement dire que cet espace constitue le plus éclectique des quatre avec des productions en tout genre. Trois œuvres ont retenu notre attention. Au rez-de-chaussée du Design center, la petite armée 0082 confectionnée par Hakima El Djoudi intrigue. Cette armée est représentée par de multiples billets de banque pliés comme des chemises, les soldats sont donc imaginaires et malgré cela, les rangées de papier impressionnent (photo 16) ! À l’étage, ce sont les huiles sur toile de la belge Virginie Bailly qui nous captivent. Dans ses séries de peintures « Vide-Plein » et « Interpunctions » exposées pour le YIA, la peintre se déchaine complètement sur ses toiles et arrive à décortiquer la structure de l’image dont ne reste que l’essentiel (photos 17 et 18). Enfin au sous-sol, notre regard sera attiré par les œuvres de Pier Esparre et sa série « My view ». Cet artiste passionné de mosaïque et de culture web a décidé de réaliser des captures d’écran issues de vidéos youtube aux dizaines de millions de  « vu »  qui ont fait le buzz sur la toile (Nyan Cat, Double Rainbow entre autres). La mosaïque, technique ancestrale rappelle par son esthétique le pixel de la vidéo. Pier Esparre arrive donc à mêler le travail manuel et le monde 2.0 avec un sens de la dérision et un décalage original (photos 19 à 21).

 

YIA Art Fair #3, du vendredi 25 octobre au dimanche 27 octobre, de 11h à 20h. Plus d’informations sur le site officiel. Pour réservez vos places cliquez ici.

visuels : (c) Hugo Saadi

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