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Une semaine de performances à la Slick Art Fair : ce qu’il fallait retenir

Une semaine de performances à la Slick Art Fair : ce qu’il fallait retenir

26 octobre 2015 | PAR Araso

La Slick 2015 s’est clôturée hier soir. Toute la semaine, elle a été ponctuée de performances dans la lignée de son positionnement de foire-éclaireur, découvreur de talents qui s’accompagne d’une prise de risques incompressible pour défricher ces nouveaux terrains et en fait l’une des foires les plus intéressantes pour l’art contemporain.

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Entre débordements et enclavements, entre accès de violence et replis fétichistes, l’édition 2015 de la Slick 2015 a reflété au travers de pas moins d’une dizaine de performances un monde devenu de plus en plus schizophrène. Du plus profond de nos entrailles émerge un désir de rationalisation (Laurent Derobert – galerie Perception Park), de simplification, de temps ramolli (Rachel Marks – galerie Under Construction), de retour à soi, de régression poétique (Yuki Kobayashi – Chabah Yelmani Gallery). Avec un fil conducteur : celui de la désentrave. Se libérer, s’émanciper, se dégager des entraves imposées par une société en surchauffe exponentielle ayant réussi la prouesse de créer un surplus permanent d’information qui la réduit au silence (Skall pour la revue The Steidz) et où l’information est paradoxalement plus que jamais difficile à trouver.

Des performances explosives, débordantes, grimées dans lesquels les artistes sont plus que jamais engagés. Yuki Kobayashi, à deux reprises, se scotche le corps avant de se maquiller intégralement et de revêtir un masque-fruit, il devient l’œuvre, mi-robot mi-végétal. Skall s’enroule intégralement de scotch, au bord de l’étouffement il soulève un amoncellement de mauvais journaux dans une danse infernale et interminable pour en former une boule qu’il appelle la Terre. Une information au cœur-même du système de l’obsolescence programmée. Si nous devions représenter notre civilisation, si les vestiges de notre culture étaient retrouvés dans quelques centaines d’années, que verrait-on ? L’œuvre performative de Guillaume Krick y répond par une motte féodale d’un genre nouveau, intégralement constituée de déchets électroniques, électriques et électroménagers (Motte DEEE). En marge, soumise à l’érosion, en constant débordement, elle est l’objet du regard curieux du promeneur solitaire qui pousse négligemment du pied ses fragments sans même les voir, sans prendre la peine de les regarder, déjà en quête de la nouvelle image.

Texte et visuels :

Araso

 

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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