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La Renaissance de la FIAC du 21 au 24 octobre au Grand Palais éphémère

La Renaissance de la FIAC du 21 au 24 octobre au Grand Palais éphémère

21 octobre 2021 | PAR Yaël Hirsch

Après 18 mois de crise sanitaire paralysant le monde et la culture et l’annulation de l’édition 2020, l’ouverture de la FIAC 2021, avec 170 galeries venant de 25 pays, marque le coup d’envoi d’une résurrection parisienne. Dans le cocon confortable du Grand Palais éphémère au Champs de Mars, tous se sont donné rendez-vous à la foire d’art, véritable évènement international. 

Une FIAC au Champs de Mars

Alors que le Grand Palais est en travaux, c’est donc face au Champs de Mars, dans le cocon en bois du Grand Palais éphémère que les plus prestigieuses galeries du monde se sont donné rendez-vous, avec une grande tente blanche  propulsée dans cet espace pour réunit les plus « jeunes » et avant-gardistes. À ce dispositif s’ajoute une foire « augmentée » avec les viewing rooms. L’espace est feutré, neuf et optimisé, et la visite vraiment agréable.

Mais le plus agréable est nécessairement d’être de retour à la FIAC, après une édition 2020 sacrifiée par la crise sanitaire. Les visiteurs, aussi internationaux que les galeries, sont heureux d’être là lors de ce mercredi matin de preview, dans une Babel élégante telle que l’on rêve le monde de l’art contemporain.

Sculptures et installations éclatantes

Et les œuvres mises en avant par les galeries sont à l’avenant : beaucoup de couleurs, de sculptures et d’installations éclatantes. 

– Des sculptures engageantes, comme celles de l’affiche qui sont aussi bien signées par Dubuffet chez Van de Weghe que par Thomas Zipp à la galerie viennoise Krizinger (un bas relief, haut en couleurs, avec une blouse banche d’époque). Côté plus contemporain encore, on aperçoit un brûlot politique assez joueur qui met en scène un Macron auquel le masque aurait enlevé la bouche, signé par le chinois Wang Du (New Photo d’identité, 2021) chez Baronian Xippas. Aussi, une installation sexy signée Lauren Satlowski dans la toute jeune galerie de Los Angeles, Bel ami (créée en 2017, repérée dans le top 10 des galeries d’avenir par le Quotidien de l’art).

– Certaines installations font figure de vanités (des ossements signés Zhang Peili à la Galerie Nächst ou un squelette également éparpillé chez Jocelyn Wolff, dont l’artiste Katincka Bock.

– Une de nos créations chouchou avec qui nous avons rendez-vous chaque année, et qui est joliment colorée en cette édition 2021 est  la boîte collector de la Vache Qui Rit : elle est signée  Rosemarie Trockel… 

– Enfin, le minimal ou le regard vers l’arte povera est tout de même un peu là, notamment avec de sublimes œuvres signées Berlinde de Bruyckere chez Continua, Tasashi Kawamata chez Kamel Mennour ou Annely Juda Fine Arts.

Revisite de la toile

La toile est tout aussi brillante, mais revisitée: 

– Classiquement sens dessus dessous, avec notamment, en ces temps de rétrospective Baselitz au Centre Pompidou, des grandes œuvres du maître allemand chez Thaddaeus Ropac et chez White Cube. – Brillant de mille feux, comme un Murakami qui a su se renouveler en vernis glossy chez Perrotin, un Raymond Hains d’origine (1988) époustouflant chez Max Hetzler ou un Basquiat explosif et jaune poussin chez Van de Weghe. À noter également : les artistes de la galerie Cécile Fakhoury (Abidjan, Dakar, Paris).

– Mais le deux dimensions fait volontiers tapisserie à cette FIAC si cocoon avec des Claude Viallat au sol chez Ceysson et deux belles pièces de Kader Attia et Pascale Marthine Tayou chez Continua.

– Enfin et de manière intéressante, les petits formats vitaminés raflent la mise, notamment les narrations photographiques néo-viennoises de Dominique Gonzalez-Foerster chez Esther Schipper, les histoires de Rinus van de Velde chez Tim Van Laere et les contes cruels de Paula Rego chez Victoria Rego. Mais le must pour ces enluminures d’aujourd’hui, alors que la foire Asia Now a mis la Perse à l’honneur, est de nationalité iranienne avec deux découvertes.

Couleurs, joie et aussi effervescence 

Paris redevient capitale de l’art dans un monde où, vacciné et sous masque, l’on peut circuler avec notamment une gallery night jusqu’à 22h en nocturne ce jeudi 21 octobre, des hors les murs somptueux (Calder Place Vendôme, so chic !  Ou encore Jean Claracq au Musée Delacroix) et tout un programme de performances dans la ville qui s’appelle Parades for FIAC. Les conversations, elles, seront digitales… Bonne FIAC à toutes et tous!

Visuels © YH

Infos pratiques

Elodie Frégé et André Manoukian, à la Seine Musicale
Lia Rodrigues en rouge et noir au CND
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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