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A cartoonist inside a royal harem à la galerie Nicolas Flamel à Paris

A cartoonist inside a royal harem à la galerie Nicolas Flamel à Paris

29 septembre 2014 | PAR Christophe Dard

Jusqu’à demain, la galerie parisienne propose de découvrir l’œuvre de 2 jeunes artistes qui immortalisent chacun à leur manière l’intérieur des harems des rois de la dynastie Qajar.

 

Bozogmehr Hosseinpour, Anisodolle, 2014, 100 x 120 cm
Bozogmehr Hosseinpour, Anisodolle, 2014, 100 x 120 cm

 

Quand l’art est une leçon d’histoire humoristique… Tel est le sens de la nouvelle exposition de la galerie Nicolas Flamel jusqu’à demain.Elle s’intéresse plus précisément aux harems de la dynastie Qajar (qui a régné sur l’Iran de la fin du XVIIIè siècle à 1925) et notamment aux harems de Fath Ali Shah (1831-1896) et de Naser al-Din Shah (1772-1834). Ce dernier est l’instigateur d’une véritable occidentalisation de son pays, une révolution culturelle qui a vu le jour grâce à ses voyages à Paris et en Russie. Ce monarque est d’ailleurs le premier souverain iranien à faire un voyage officiel en Europe.
Mais il est également resté célèbre pour son fameux harem, des centaines de femmes d’origines et de religions différentes.

 

Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm
Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm

Contrairement à une idée reçue, les femmes avaient un rôle très important à cette époque. Elles avaient du pouvoir à la cour et elles étaient proches du roi, ce qui provoquait des dissensions entre elles. Certaines ont été des sentinelles ou ont travaillé dans les cuisines royales (mais la nourriture était servie par les ennuques). Nombreuses sont celles à avoir été dans le domaine culturel, chanteuses, danseuses (le roi aime la musique), poétesses ou conteuses. Preuve de leur statut et du respect qu’on leur portait, ces femmes avaient à leur disposition des servants et des ennuques et même une résidence avec du personnel dont les frais sont supportés, excusez du peu, par la couronne.
C’est cette vie trépidante des harems, symbole d’une cour à la fois traditionnelle et moderne, qu’ont choisi de représenter Bozorgmehr Hosseinpour et Alireza Mirasadullah, deux jeunes artistes qui abordent ce sujet avec humour et malice mais de façon différente.

Deux artistes comme témoins curieux et amusés de l’intimité

 

Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm
Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm

Bozorgmehr Hosseinpour est né en 1977 et a fait ses études à l’Université Azad de Téhéran. Détenteur de nombreuses récompenses, c’est un artiste aux talents multiples. Dessinateur et caricaturiste pour la presse iranienne, auteur de bande dessinée, il est également une personnalité du monde du cinéma. Réalisateur et producteur de courts-métrages, Hosseinpour a travaillé sur des documentaires et des films d’animation. Tout son univers artistique se retrouve dans ses personnages du harem. Ses personnages, joufflus comme chez Botero, sont expressifs et disproportionnés (une grosse tête sur un petit corps) comme dans la caricature, dans un humour comique mais jamais méchant. Les personnages sont drôles et tendres à la fois. Pour réaliser ses portraits, Bozorgmehr Hosseinpour s’est inspiré de photographies réelles de ces femmes du harem prises au XIXè siècle mais l’artiste glisse également des subtilités contemporaines et amusantes comme les selfies, preuve que les artistes sont toujours les meilleurs pour unir le passé et le présent.

 

Alireza Mirasadullah, Ostad mina performing alongside of Rostam Yahodi Shirazi and Sohrab Armani Isfahani, 2014
Alireza Mirasadullah, Ostad mina performing alongside of Rostam Yahodi Shirazi and Sohrab Armani Isfahani, 2014

 

Alireza Mirasadullah, Banafsheh Badam Khanoom, Jan Jan Khanom, Golpari Khanoom Gorgy, Ziba, Chehre Khanoom Torkaman and Moshtari Baji Khanoom, 2014
Alireza Mirasadullah, Banafsheh Badam Khanoom, Jan Jan Khanom, Golpari Khanoom Gorgy, Ziba, Chehre Khanoom Torkaman and Moshtari Baji Khanoom, 2014

Alireza Mirasadullah, né en 1973, est lui aussi un artiste aux multiples talents. Il est peintre, auteur d’histoires courtes, de romans et de poèmes mais aussi journaliste et même producteur télé à la BBC à Londres ! La capitale britannique lui a d’ailleurs ouvert les bras pour une exposition en 2012. Comme chez Hosseinpour, l’intimité du harem et la relation entre le roi et les femmes l’inspirent mais la technique est différente. Mirasadullah confectionne des petits personnages de cinquante centimètres totalement imaginaires et aux noms inventés faits d’aluminium, de textile, de latex et d’argile. Pourtant, ses personnages sont semblables aux êtres d’un théâtre prêts à s’animer comme dans les films de Tim Burton. S’il réconcilie le passé et le présent, l’art est aussi un passeur entre l’imaginaire et la réalité.

Christophe Dard

INFORMATIONS PRATIQUES :
A cartoonist inside a royal harem jusqu’à demain 30 septembre
Galerie Nicolas Flamel
216 rue Saint-Martin 75003 Paris
01 42 71 87 83
www.galerienicolasflamel.fr

VISUELS:
Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm
Bozogmehr Hosseinpour, Anisodolle, 2014, 100 x 120 cm
Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm
Alireza Mirasadullah, Ostad mina performing alongside of Rostam Yahodi Shirazi and Sohrab Armani Isfahani, 2014
Alireza Mirasadullah, Banafsheh Badam Khanoom, Jan Jan Khanom, Golpari Khanoom Gorgy, Ziba, Chehre Khanoom Torkaman and Moshtari Baji Khanoom, 2014

En une:
Bozogmehr Hosseinpour, 2014, 100 x 120 cm

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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