Arts
Fukushima: un an après. Un regard fugitif sur le périssable

Fukushima: un an après. Un regard fugitif sur le périssable

29 février 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Une exposition au profil instantané, qui se modèle sur les temps d’exposition de la réalité devant l’objectif d’un appareil photo. La Cité Internationale des arts de Paris présente Little Fukushima, dont le vernissage aura lieu le jeudi 1er mars et la fermeture le lendemain. Un regard furtif mais qui s’annonce pénétrant sur les paysages catastrophiques de Fukushima un an après.

Aujourd’hui, un an après le séisme le plus violent après Tchernobyl en 1986, il y a encore 30 pays sur 195 qui exploitent l’énergie nucléaire. La Cité Internationale des arts de Paris accueille les œuvres d’artistes originaires de ces pays, offrant un regard extérieur au désastre mais tout à fait impliqué dans la réflexion sur les risques de l’emploi du nucléaire.

Une singulière coïncidence a voulu que juste hier, 27 février, deux jours avant l’ouverture de Little Fukushima, le New York Times révèle que, les autorités japonaises ont craint l’explosion des réacteurs juste après le désastre du 11 mars 2011 et qu’ils avaient disposé des plans pour l’évacuation de Tokyo, la capitale la plus peuplée au monde.

Hasard qui nourrit les interrogations sur la question de l’inconnu, fil rouge des œuvres présentées à la Cité Internationale des arts. Quel est le poids du caché dans les rapports qui énumèrent les conséquences des catastrophes naturelles? Qu’est-ce qui échappe aux enquêtes elles-mêmes? Toutes ces interrogations qui touchent à l’universel semblent se résumer parfaitement dans une phrase sélectionnée par les curators dans la présentation de l’exposition:

« L’enfant de Fukushima pose une question aux politiciens, « Est ce que je pourrais être un adulte? »  ils ne répondent rien.. »

Le regard d’un enfant sur ce qui reste du Japon pourrait être capable de toucher, loin de toute hypocrisie, les grandes questions qui concernent notre futur et celui de nos fils, mais il pourrait aussi dénicher la splendeur insolite des paysages désolants d’un monde à reconstruire.

Un aperçu éphémère, celui de Little Fukushima, une exposition qui sera introduite par une performance de Asami Nishimura, s’annonçant comme une version vivante de ce regard enfantin qui ne s’arrête pas d’investiguer le réel, ses plaies et ses beautés.

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Celeste Bronzetti

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