Arts

Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783) au Louvre du 28 janvier au 25 avril

28 janvier 2011 | PAR La Rédaction

Du 28 janvier au 25 avril, le Louvre accueille une exposition consacrée aux têtes de caractère sculptées de Franz Xaver Messerschmidt, c’est-à-dire à la partie de son œuvre pour laquelle il est le plus connu. Avec ses visages grimaçants aux expressions paroxystiques, sculptures auxquelles il travailla pour lui-même, Messerschmidt s’inscrivait dans les préoccupations de son temps autant qu’il se préparait des fascinations futures.

La première partie, introductive, de l’exposition rappelle que Franz Xaver Messerschmidt, sculpteur allemand formé à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne, était un artiste sollicité par la haute société, comme l’illustre le beau buste en bronze de l’Impératrice Marie-Thérèse.

Mais l’essentiel de l’exposition porte sur les œuvres qui ont fait sa postérité, qui ne furent d’abord pas publiques, du vivant de l’artiste. Après avoir été exclu de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne où il enseignant, en raison de problèmes psychiques, il s’enfuit à Presbourg (Bratislava) où il poursuivit jusqu’à la fin de sa vie, parallèlement aux commandes qu’il recevait, la création de « têtes de caractère ». À savoir : des sculptures de visages grimaçants, à mille lieues de la mesure prônée par un Johann Joachim Winckelmann, théoricien du néoclassicisme et laudateur de l’expression mesurée des passions dans la sculpture grecque classique.

C’est l’intensité de leur expressivité qui frappe donc principalement dans ces « têtes de caractère », répertoriées et intitulées après la mort de l’artiste, les titres étant toujours en vigueur aujourd’hui en dépit de leur évidente inadéquation. Si l’on trouve des équivalences à sa sculpture principalement dans les domaines du dessin, avec en premier lieu les précurseurs Léonard de Vinci (dont les caricatures sont publiées en 1730) ainsi que Charles Lebrun, ou encore dans la peinture rococo (Ducreux, Liotard…), ce type de représentations de l’instantané (rire, grimace, bâillement…) est rare en sculpture.

Mais en l’espèce, l’art de Messerschmidt va plus loin qu’une mise en forme d’instantanés, de mouvements naturels : ses expressions sont outrées, paroxystiques. Les éclairages à la fois psychologique et historique sont bienvenus. « Selon Nicolai, l’artiste se disait persécuté par des esprits qui le faisaient souffrir moralement et physiquement, notamment dans le bas-ventre et les cuisses. Il se regardait dans un miroir, se pinçait le corps en faisant diverses grimaces. Avec celles-ci il entendait changer les expressions de son visage de manière à devenir maître de l’esprit des proportions qui le tourmentait. Il reproduisait ensuite avec ses têtes ce visage déformé ». Plus tard, le psychanalyste Ernst Kris, élève de Sigmund Freud, reconnaîtra ultérieurement les signes du refus de la sexualité dans les œuvres de l’artiste.

Un autre éclairage est celui de l’histoire des sciences, notamment les recherches sur la physiognomonie, qui entendait démontrer les capacités intellectuelles et la psychologie d’un individu à la configuration de sa physionomie – science qui aura d’ailleurs la funeste descendance racialiste que l’on sait. Comme l’indique Nicolai, Messerschmidt avait connaissance des travaux de Lavater, qui publie L’art de connaître les hommes par la physionomie entre 1775 et 1778.

Mais plus que dans les déterminismes psychologiques ou historiques les éclairant, l’intérêt de l’exposition réside surtout dans ses œuvres, troublantes, fortes, expressives – ce pourquoi on ne s’étonne guère que les collectionneurs de Klimt ou Kokoschka aient apprécié Messerschmidt.

Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783), le Louvre
28 janvier – 25 avril, 10€

Voir également sur Vimeo un documentaire sur Messerschmidt.

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