Arts
Françoise Pétrovitch : « Je ne représente pas les êtres de pouvoir »

Françoise Pétrovitch : « Je ne représente pas les êtres de pouvoir »

18 octobre 2022 | PAR Adam Defalvard

A l’occasion du vernissage de son exposition Derrière les paupières à la BNF, nous avons pu rencontrer l’artiste française Françoise Pétrovitch afin d’approfondir son rapport à sa propre création artistique et aux thèmes qui lui sont chers. 

Il y a un imaginaire presque horrifique et fantastique dans votre travail, quel est votre rapport à cet imaginaire là ? 

Je n’ai pas de rapport particulier mais il y a beaucoup d’inquiétude dans mon travail, il y a une surface assez bienveillante mais avec des niveaux de lecture différents. Par exemple la fille pirate, l’œuvre qui s’appelle Sur un pied, c’est une fille à qui il manque une jambe. Fille aux cheveux gouttes c’est pareil, il y a une espèce de chevelure qui se poursuit comme une goutte, comme un chagrin finalement. Il y a des métaphores et des associations qui viennent mais elles ne sont pas visibles du premier coup, elles sont cachées. C’est toujours comme ça, je préfère les sous-textes aux manifestes.

Comment vous vient une oeuvre ? 

Je travaille depuis toujours, ça ne me vient pas en fait, je me mets à l’atelier et les choses arrivent. C’est une obsession de tout moment et ça m’habite, c’est là, c’est quelque-chose qui est en moi.

Quand vous commencez une oeuvre, vous savez comment elle sera à la fin, vous avez une image en tête ?

Je me laisse une latitude, j’ai un point de départ et je laisse beaucoup venir les choses parce que je n’ai pas envie d’être dans une relation de simple exécution d’une idée. Il faut que je sois surprise et c’est cette surprise là qui va amener mon envie de poursuivre aussi, d’être étonnée en même temps que je le fais ,de jouer avec. S’il n’y a pas cette dimension aléatoire, contrôlée aléatoire, les deux en même temps, je ne pars pas dedans. 

Il y a souvent une représentation des âges de l’enfance et de l’adolescence dans votre travail, qu’est-ce que cela permet par rapport à la figure adulte ?

C’est un espace d’entre-deux, les adolescents sont dans un moment de devenir, il y a une incertitude. Quand je parlais d’inquiétude, de possible ou d’impossibilité aussi, et bien ce sont ces états de changement qui m’intéressent. Il y a un lien entre la façon dont je le fais et le fond puisque c’est toujours une idée de mouvement. Ici il y a beaucoup de gravures, la gravure ça marque, donc on a des œuvres un peu différentes aussi parce que c’est plus net.

Et un autre symbole qui revient souvent c’est la présence d’animaux, morts ou vivants, là encore qu’est ce qui vous intéresse en particulier dans cette représentation ? 

C’est d’abord la variété de vocabulaire graphique et plastique parce qu’il y a une grande variété de formes qu’on retrouve chez les animaux. Et puis ce sont souvent des animaux domestiques ou fragiles et ce sont donc des êtres de fragilité. Je ne représente pas les êtres de pouvoir, toujours, donc ça fait partie de cette même idée.

Et la représentation de masques vous intéresse dans la même idée de changement et de transformation ?

Le masque c’est à nouveau une histoire de montrer sans montrer. Ça me permet de dire le portrait sans dire les traits. Ca devient quelque-chose d’un peu caché, à imaginer.

Visuel : Françoise Pétrovitch dans son atelier, 2021 © Hervé Plumet Courtesy Semiose.

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Adam Defalvard

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