Arts

Foto/Grafica, écrire la photographie en Amérique Latine

22 janvier 2012 | PAR La Rédaction

La nouvelle exposition du BAL promet beaucoup. Elle vend une nouvelle histoire du livre de photographie latino-américain. Elle propose une scénographie innovante. Elle évoque un curateur cartographiant un ensemble d’ouvrages inédits ou presque. Et elle tient ses promesses.

C’est l’histoire d’un continent dont nous connaissons mal les publications photographie… Un continent qu’Horacio Fernandez, le commissaire de la dernière exposition du lieu dédié à la photographie de reportage, connait bien et a arpenté pour nous présenter ce qui lui semblait être les quarante ouvrages de photographie les plus intéressants de ces 80 dernières années.

En terme de parcours, l’exposition suit des lignes assez classiques (propagande, urbain, essais, livres d’artiste, littérature et photographie) mais c’est bien le seul aspect de ce projet que l’on peut taxer de conventionnel. Hormis cela, les propositions de scénographie de Jasmin Oezcebi –dont on avait déjà pu saluer la scénographie lors de l’exposition Dada à Beaubourg- sont plutôt surprenantes et bienvenues. Elles rappellent au spectateur assidu l’exposition New York Times Magazine à Arles cet été, usant des artifices propres à la photographie : sa plasticité et sa reproductibilité. De ce fait, elle devient papier peint, projection, image projetée ou objet à thésauriser, sous verre.

C’est d’autant plus important qu’on parle ici de livres. Quoi de plus intéressant mais difficile que d’exposer un livre, objet que, par essence, le spectateur rêve de prendre dans ses mains et de feuilleter ? Le BAL qui avait déjà proposé une exposition sur l’art du “self-publishing” (livre autoproduit et publié), récidive avec succès, prenant conscience de l’importance de la publication dans le processus photographique. Dans le droit fil de cette programmation, l’institution accueillera d’ailleurs le festival international du livre de Kassel cette année, la ville étant submergée par les préparatifs de la nouvelle Documenta qui s’y tiendra en juin.

Pour Horacio Fernandez comme pour Diane Dufour, directrice du BAL, cette question du livre est donc essentielle. Le commissaire va même jusqu’à dire que l’objet publié est “la manière plus vivante de montrer des photographies et de les faire circuler”. En tout cas, on comprend ce fait en considérant les livres confisqués par les polices ou milices dictatoriales sud-américaine qui sont ici exposés, par les saisissantes projections d’images d’Amazonie, prises par Claudia Andujar, par la succession de pages qui défilent sur l’écran du sous-sol du BAL laissant voir les montages surréalistes de Versos de salon de Nicanor Parra.
Une exposition à découvrir donc, pour mieux comprendre l’essor d’un style d’auteur latino-américain et pour suivre le trame historique du livre de photographie dont la narration mène sur des sentiers qui font rêver…

Valentine Umansky

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La Rédaction

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