Arts
Ouvrez l’oeil et le bon, Icônes à la Fondation Francès

Ouvrez l’oeil et le bon, Icônes à la Fondation Francès

14 décembre 2011 | PAR Bérénice Clerc

L’art ne se confisque pas. La Fondation Francès l’a bien compris et offre au plus grand nombre la possibilité de poser son regard sur les œuvres de nombreux artistes contemporains. L’art invite à réfléchir, à s’émouvoir, il bouscule nos repères comme le fait Alison Jackson l’artiste invitée actuellement à la fondation. Ses œuvres photographiques entrent en résonnance avec celles de David Lachapelle, Martin Le Chevallier et Eugénio Merino.

Au cœur de la ville historique de Senlis, non loin de Paris, la Fondation Francès donne à voir avec générosité sa collection d’art contemporain. Le lieu est superbe, l’accueil est très chaleureux, l’envie de partager, de débattre ou d’entamer des discussions est très grande chez ces collectionneurs passionnés.

Témoins de notre époque contemporaine, les artistes donnent à voir une image du monde. Du 5 novembre au 28 janvier 2012 pour l’exposition Icônes, la Fondation Francès invite pour sa 7e exposition Alison Jackson à faire dialoguer ses œuvres avec ses contemporains.

Quel rapport entretenons-nous avec les médias, où est le vrai du faux dans une information comme dans une image ? Qui peut prétendre connaître la vie ou le caractère d’un personnage public ? Sont-ils nos nouvelles icônes ? Autant de questions auxquelles Alison Jackson nous fait réfléchir avec ses trompes l’œil photographiques. Irrévérencieuses et pleines d’humour, les images d’Alison Jackson nous livrent leur vérité. Tout devient alors possible, voir la reine d’Angleterre faire la vaisselle, Tiger wood quasiment nu, Kate Middleton écrire king de son rouge à lèvres sur le torse de William, Barrack Obama fumer seul au milieu de la nuit… L’image est devenue essentielle dans nos sociétés, elle se construit, s’invente, se retouche allant parfois même jusqu’à créer des créatures purement informatiques pour créer une nouvelle réalité.

Les médias traquent l’image, à chaque instant une nouvelle image forte doit apparaître sur nos multiples écrans. La traque est permanente, le téléphone est devenu appareil photo et nous transforme en proie ou en chasseur potentiel.

Les réseaux sociaux mondiaux, permettent à une image de voyager en moins d’une minute et d’empoisonner nos écrans et nos cerveaux avec bien souvent une grande violence.

Tronqués, manipulés, retouchés, combien de personnages publics manipulent grâce à l’image ? politiciens, chanteurs, acteurs…Que savons nous réellement d’eux ? Telles des images religieuses ce que les lecteurs ou marcheurs croisent et voient sur les affiches est-il le réel ? L’image d’une personne est-elle sa vérité ? Assumons-nous le voyeurisme quotidien ?

Alison Jackson à la manière des images volées, pousse les limites de notre esprit critique, nous fait douter et réfléchir à ce que nous acceptons et exigeons même parfois en terme d’images. David Lachapelle et ses images d’une perfection quasi irréelle sert le même propos et montre du doigt la vulgarité de nos médias et de notre société en quête de nouvelles croyances, prête à tout pour donner un sens à la vie.

La peinture quasi primitive de Martin Le Chevalier s’adresse plus directement à la France, celle qui crut aux visions simplistes et aux images de clichés construites d’un candidat en campagne.

Eugenio Merino nous met lui face à un ancien président devenu punching ball sans doute pour nous laver de ses erreurs.

Icônes nous entraine au pays de l’image reine, une exposition gratuite à voir dès l’adolescence pour apprendre à ouvrir l’œil et le bon.

Une comédie musicale Austin Powers ? Yeah, baby !
Desperate Housewives : la saison 7 en DVD
Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *