Arts
Fondation Lafayette : « Mutant Stage 3 », hybridation des arts et de la vie

Fondation Lafayette : « Mutant Stage 3 », hybridation des arts et de la vie

15 juillet 2015 | PAR Elodie Schwartz

Dans le cadre des travaux de réhabilitation de son bâtiment, la Fondation Galeries Lafayette propose une série de courts-métrages chorégraphiques intitulée Mutant Stage. Pour son troisième volet, dévoilé le 10 juillet, elle nous fait voyager au cœur d’un squelette de poussière et d’acier près à passer de l’ombre à la lumière…

Durant toute la durée du chantier et jusqu’à son ouverture en 2017, l’établissement de la future Fondation Lafayette fait l’objet d’une superbe enquête sur sa mutation. Danseurs et réalisateurs offrent en effet au public, via une série de courts-métrages, le moyen de suivre l’évolution du bâtiment situé au 9 rue du Plâtre à Paris. Après Mutant Stage 1 et 2 qui dévoilaient les traces de ses anciens usages, Mutant Stage 3, dévoilé le 10 juillet sur le site Internet de la Fondation, montre toute la beauté de l’infrastructure qui n’est pourtant encore qu’un squelette de poussière et d’acier. Et c’est là la clés de sa réussite : Benjamin Millepied, chorégraphe mais aussi réalisateur du court-métrage, arrive enfin à présenter cet ancien entrepôt, dispensaire, institution de jeunes filles et école préparatoire dans son plus simple appareil : nu. Juste par la mise en mouvement de son corps, du jeux de lumière et du respect des lignes, Benjamin Millepied s’approprie ce lieu dénué de tout et pourtant empreint d’une douceur et d’une vie certaine.

« Personnifiant l’ubiquité du bâtiment », le danseur révèle en noir et blanc l’état de transition dans lequel le situe le futur espace de la Fondation Lafayette. En passant des espaces sombres à clairs, Benjamin Millepied explique que l’infrastructure est prête à voir le jour. Son corps se déplace légèrement et en souplesse, tout comme cet immeuble en marche qui depuis des mois se réinvente. Un sentiment de grandeur et de force se dégage en même temps dans cet espace quand l’artiste, sur Suite en La d’Alexandre Tharaud, exécute ses pirouettes et retombe sur sol. Comme le veut la danse contemporaine, ses pieds entrent en contact avec le sol et créer comme par magie le souffle intérieur de ce cœur de pierre qui reprend vie. Jusqu’à maintenant, le chantier baigne dans un entre-temps architectural, chorégraphique et chromatique mais tend à renaître au temps présent. Ouvrir la scène, expérimenter tels sont les objectifs atteint par ce court-métrage de 2m30 façonné par un vocabulaire visuel fort traduisant à merveille la transformation de cet endroit et surtout l’hybridation entre les arts et la vie.

Visuels : © Capture d’écran / Stéphane Perche

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Elodie Schwartz