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Focus sur la collection kremer à la Pinacothèque

Focus sur la collection kremer à la Pinacothèque

26 octobre 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La nouvelle aile de la Pinacothèque ( voir notre article ) : « Les collections » accueille en parallèle du superbe  Expressionismus : Berlin VS Munich 1905-1920 à la Pinacothèque, une petite exposition en résonance avec L’âge d’or hollandais. Une plongée à la scénographie hésitante dans les trésors d’un couple fou d’art, Ilone et George Kremer.

En 2009, Pour fêter sa troisième année, la Pinacothèque de Paris avait dévalisé le Rijksmuseum. L’occasion de se goberger de toiles de Rembrandt, mais aussi de découvrir d’autres peintres du XVIIe siècle hollandais et d’en apprendre plus sur la vie quotidienne dans la République batave. Étirée sur deux étages, l’exposition « l’âge d’or hollandais » était  un des moments forts de la rentrée 2009 en renseignant sur  le quotidien du citoyen néerlandais du XVIIe siècle et  la tolérance de la République des Pays-Bas (sauf à l’égard des catholiques) qui a lui a valu une forte immigration après la Réforme.

Comme un écho, « Ilone et George Kremer, héritiers de l’âge d’or Hollandais » vient nous conter l’histoire d’un couple qui depuis seize ans concentre sa passion de la collection vers des peintres sachant manier le clair obscur. Vous découvrirez des gravures de Rembrandt, (Homme dessinant d’après un plâtre ( 1640-1641) ),  des tableaux magistraux de Gerrit Van Honthorst ( Le repentir de Saint Pierre, 1618-1620, Vieille femme examinant une pièce de monnaie à la lumière d’une lanterne ( Allégorie de l’Avarice), 1623 ) , mais aussi des toiles de maîtres moins connus aujourd’hui, tel ce paysage d’hiver prés d’une auberge de Isack van Ostad .

Un focus sur la restauration de Saint Marc de Jan Van Bylert , racontant comment le lion présent au côté de son maître avait longtemps été oublié pour cause de vernis malheureux , sous-entend la passion et l’implication des Kremer sur la nécessité de faire retrouver à l’œuvre son aspect original.

La scénographie de l’exposition, infantilisante, est fort désagréable. Dans un plan à tiroirs elle évoque  » les gens », « la vie quotidienne » « clair obscur »… ne met pas l’accent sur le parallèle entre ces collectionneurs du XXIe siècle et ceux du siècle d’or. Et pourtant, eux aussi marchands internationaux, ils permettent par leur sélection de saisir combien les marchands et la bourgeoisie portaient attention à l’art devenant un témoin sociétal. On aurait adoré plonger dans les méandres des recherches, des achats puis des restaurations de tableaux.  Ici, nous assistons à un joli best of d’art hollandais du XVIIe siècle, cela laisse un amer goût de déjà vu.

Visuel : Gerrit van Honthorst (c.1590/1592 – 1656)
Vieille Femme examinant une pièce de monnaie à la lumière d’une lanterne (Allégorie de l’Avarice)

c. 1623
huile sur toile
75 x 60 cm
© photo : The Kremer Collection/Fondation Aetas Aurea

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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