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Whistler au musée d’Orsay : les Frick, c’est chic!

Whistler au musée d’Orsay : les Frick, c’est chic!

17 mars 2022 | PAR Nicolas Villodre

Jusqu’au 8 mai 2022 est visible, salle 9 du Musée d’Orsay, l’admirable exposition James McNeill Whistler (1834-1903), chefs-d’œuvre de la Frick Collection de New York. Quoique bornée à cette salle de modeste superficie, la monstration réunit pour la première fois en France un ensemble de pièces acquises par l’homme d’affaires et collectionneur d’art américain contemporain du peintre, Henry Clay Frick (1849-1919).

Remise à flot

Intenter un procès c’est, en général, le perdre, les frais de justice étant considérables. C’est ce qui arriva au peintre américain Whistler, qui s’était installé à Londres après avoir été formé à Paris et qui, nous dit-on, fut ruiné par l’action en justice qu’il engagea contre le critique d’art britannique conservateur John Ruskin lequel l’avait heurté et, selon lui, diffamé en qualifiant sa démarche d’imposture. Ayant par ailleurs perdu le soutien de son mécène Frederick R. Leyland, le peintre obtint une commande par la Fine Art Society d’une série d’eaux-fortes de Venise. C’est par ces petits formats en noir et blanc que débute le parcours du visiteur. 

Les titres de ses eaux fortes, estampes et peintures (symphonies, nocturnes, etc.) empruntent au vocabulaire musical. Sa douzaine de gravures éditées en 1880 est ainsi appelée « Suite vénitienne ». Celles accrochées à Orsay (Le Cimetière : Venise; Canal vénitien; La Petite lagune; Le Porche; Les Mendiants; Nocturne) présentent une sûreté de trait au réalisme photographique. Le papier teinté est la « base tonale » de ces exquises esquisses. Dans une lettre à sa mère, l’artiste évoque les teintes vénitiennes : « Après la pluie, les couleurs des murs et leurs reflets dans les canaux sont plus somptueux que jamais ».

Portraits en pied

De petits formats en paysage comme Symphonie en gris et vert : l’Océan (1866) alternent avec des portraits en pied de grande dimension, à taille humaine, voire un peu plus. L’un des plus fameux est Arrangement en gris et noir n° 1, ou la mère de l’artiste (1804-1881), que la France acheta en 1891 pour le Musée du Luxembourg, conservé de nos jours au Musée d’Orsay, qui complète la galerie de figures humaines et de personnalités mondaines provenant du fonds Frick.

L’austérité du portrait maternel, femme d’un certain âge, assise, recueillie, prise de profil, vêtue modestement contraste avec les tenues élégantes de ces messieurs et de ces dames de la haute société new-yorkaise ou parisienne. Il n’est pas surprenant que le commissaire de l’exposition, Paul Perrin, ait choisi comme affiche l’extraordinaire Symphonie en couleur chair et rose : portrait de Mrs. Frances Leyland (1871-74). L’un des portraits les plus réussis et reproduits a pour titre Arrangement en noir et or : comte Robert de Montesquiou-Fezensac (1891-92).

Visuel : Arrangement en gris et noir n° 1, ou la mère de l’artiste (1804-1881), Musée d’Orsay © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt.

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Nicolas Villodre

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