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VARDA/CUBA au Centre Pompidou : l’écriture d’un mouvement

VARDA/CUBA au Centre Pompidou : l’écriture d’un mouvement

11 novembre 2015 | PAR Araso

En 1962, Agnès Varda effectue un voyage à Cuba où elle prend plusieurs milliers de photos dans l’objectif de réaliser un film entièrement composé de prises de vue. Dans un contexte politique et culturel en plein bouillonnement, Agnès Varda capture avec son objectif la rencontre « du socialisme et du cha-cha-cha ». Une sélection de 145 de ses photographies est présentée pour la première fois au public dans une exposition qui questionne le rapport entre le fixe et l’animé.

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En 1962, Fidel Castro a renversé le dictateur pro-américain Fulgencio Batista depuis 4 ans et Cuba vibre au rythme de la sensualité des corps. Agnès Varda arrive à la Havane avec le projet très précis de réaliser un film composé intégralement de photographies. « Ces images, explique Agnès Varda, n’ont jamais eu pour destin d’être exposées. Je les ai faites avec une décision précise avant de partir à Cuba de faire un film ». Ce film, c’est Salut les Cubains, qui sort en 1964, également projeté dans l’exposition. D’une durée de 30 minutes, il est ponctué du rythme des congas et d’un texte lu par Michel Piccoli et Agnès Varda. Agnès prend des milliers de clichés et à son retour, avec des bandes de musique, elle réalise des contacts calculés à la seconde près « de manière à faire danser le film avec les images fixes ». Un travail qui reprend les fondamentaux d’Agnès Varda et sa grammaire d’écriture, une dialectique entre l’immobilité et le mouvement.

L’occasion de découvrir les figures d’une révolution culturelle, préalable absolu à toute révolution politique. Un terreau fertile qui a vu naître une richesse sans précédent à Cuba, traduite par un renouveau du cinéma cubain, des ballets contemporains, de la musique contemporaine. « On manquait de nourriture mais on faisait des films, on faisait des expositions et on dansait beaucoup » jubile Agnès. Elle a rapporté de Cuba non pas des photographies politisées, mais les images de celle qui est arrivée avec l’envie d’apprendre, qu’on lui raconte les choses, se mettant au service du sujet qu’elle a choisi de traiter. Ainsi dans l’exposition se niche un portrait de Fidel Castro « à qui j’ai mis des ailes de pierre », les courbes des hanches féminines sculptées par la danse, un défilé inédit de chapeaux masculins et pléthore d’images improbables de campagnes reculées. Quelque part, dans ces petits clichés, se cache un autoportrait accidentel d’Agnès qui apparaît par réflexion dans un miroir.  Fidèle à elle-même, en toute simplicité et avec humour, Agnès prévoit de reprendre le micro ce mercredi 11 Novembre « en 5 à 7 » s’amuse-t-elle, pour proposer au visiteur de passage ses commentaires personnels sur l’exposition.

VARDA/CUBA, au Centre Pompidou du 11 Novembre 2015 au 1er Février 2016.

Visuels © Araso

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