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Une Rétrospective majeure de Bernard Buffet au MAM

Une Rétrospective majeure de Bernard Buffet au MAM

13 octobre 2016 | PAR Yaël Hirsch

Ce vendredi 14 octobre, le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris ouvre une grande rétrospective au peintre figuratif, surdoué et inclassable Bernard Buffet (1928-1999). La sélection fine dans l’oeuvre pléthorique de l’artiste fait la part belle au religieux et au monumental.

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C’est de manière chronologique mais avec un choix sûr de quelques dizaines d’œuvres assez monumentales que le commissaire Dominique Gagneux nous propose de (re)découvrir l’oeuvre de Bernard Buffet. Celui faisait sensation en exposant tous les mois de février chez Drouant-David pendant des décennies, choquant souvent l’opinion avec ses thèmes (écorchés, mythes, guerre) semble désormais faire partie de notre patrimoine et si le choc de surprise n’est plus là, il reste une signature forte dans les visages émaciés et une grande admiration pour l’art de la couleur et du trait d’une peintre obsessionnel. En commençant par les œuvres des années 1940 et 1950 qui oscillent entre portraits de gens du peuple (La ravaudeuse ou Le buveur avec lequel il manque le prix de la Jeune peinture en 1958) et grande fresques christiques d’inspiration gothique (crucifixions), l’on redécouvre l’énorme ambition de Buffet, et ce dès avant la vingtaine : lui qui a quitté l’école à 16 ans pour peindre a connu un succès fulgurant très vite et une relation très forte avec Pierre Bergé de 1950 à 1958.

L’exposition permet ensuite de découvrir ou redécouvrir son triptyque saturé de couleurs sur les « Horreurs de la guerre » (à l’âge de 26 ans) et puis les clowns qui rappellent Rouault, les femmes en jarretelles, les écorchés et les animaux. Les mythes sont  toujours traités de manière monumentale de l’Enfer de Dante à la mise en couleur de Vingt mille lieues sous les mers. Peu d’œuvres représentent la période 1965-1975 où Buffet se réfugie dans son château de Villiers-le-Mahieu. Et pourtant, on le retrouve dans les années 1970, inspiré parle Japon qui lui dédient un musée (ouvert en 1973). Si les critiques français s’intéressent moins à lui, Buffet continue à vendre et bien. Atteint de Parkinson, il se suicide en 1999 mais a eu le temps avant de préparer la série des « morts » grimaçantes et parfaitement expressionniste que la Galerie Maurice Garnier exposera de manière posthume.

L’exposition du Musée d’Art moderne permet de redécouvrir sur la longueur d’une vie le travail obsessionnel d’un artiste qui est resté peintre et figuratif dans la deuxième moitié du 20e siècle. Un artiste très sûr de lui et son talent, reconnu et célébré très tôt et qui a pu vivre de concert les affres de la création et la stabilité d’une cote bien taillée. La rétrospective Buffet et l’une ds toutes grandes exposition de cette automne 2016 à Paris. A voir avant ou après la boum de la FIAC.

visuels :

1/ Autoportrait sur fond noir, Bernard Buffet, 1956, huile sur toile, 129,3 x 96,8 cm, Collection Pierre Bergé © Dominique Cohas © ADAGP, Paris 2016

2/ Le Buveur, Bernard Buffet, 1948, huile sur toile, 100 x 65 cm, Musée d’Art moderne de la Ville de Paris © Musée d’Art moderne / Roger-Viollet © ADAGP, Paris 2016

Infos pratiques

Maison Européenne de la Photographie
Salle Gaveau
Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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