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« Traces » : Jean-Louis Germain présente les marques de 30 ans de peinture au Loft Sévigné

« Traces » : Jean-Louis Germain présente les marques de 30 ans de peinture au Loft Sévigné

21 octobre 2015 | PAR Yaël Hirsch

Du 20 octobre au 1er novembre 2015, dans un Paris en pleine effervescence autour du phénomène de la FIAC, le peintre Jean-Louis Germain expose ses « Traces » pleines de soleil au Loft Sévigné. Rencontre truculente juste avant le grand vernissage.

C’est devant ses toiles les plus abstraites, accrochées harmonieusement dans un désordre chronologique prometteur, des années 1970 à nos jours, que Jean-Louis Germain nous reçoit pour parler de son art : la peinture. Les coloris sont bleus et vert, comme la mer de l’Algérie de son enfance et les corps sont roses comme des oranges pleines de vie. Il y a du Matisse dans son art, et toutes sortes de références qui viennent en tête. Il y a aussi l’épaisseur de l’huile. Pour Jean-Louis Germain, la force de la peinture, c’est son « repentir ». C’est-à-dire toutes ces petites reprises et hésitations du pinceaux que la tradition de la peinture cachait et qu’il préféré montrer comme autant de jalons sur le chemin parcouru. Un chemin, qui selon, Saint Thomas « est partout et ne préexiste pas. De cette voie personnelle et créatrice, l’artiste garde les « Traces », titre d’une exposition qui a un caractère résolument rétrospectif.

Actif depuis les années 1960, le peintre Jean-Louis Germain est un peintre infatigable. Ayant côtoyé les plus grands, lors de son passage à Stanford dans les années 1950 (Mark Rothko, Sam Franic, Barnett Newman), il se décrit comme un solitaire, travailleur acharné dans son atelier de Cauzac, dans le Sud-Ouest de la France. Il aime admirer et aimer, il adore parler du travail des grands maîtres de la peinture du Caravage à nos jours et s’il compte bien faire quelques découvertes dans l’éclosion annuelle de la FIAC, il avoue également avoir ses goûts et ses exigences.

Cela faisait un peu plus de dix ans que l’artiste n’avait pas exposé et c’est une rencontre sous le soleil du Maroc qui a rendu « Traces » possible. Celle du jeune et passionné Anatole Maggiar, président et fondateur de MAD Agency. A l’origine des lieux-projets comme la résidence d’artiste d’Asnière-sur-Seine, la SIRA et d’environ 6 expositions par an, ce dernier met d’habitude en avant des jeunes talents qui ont entre 25 et 30 ans. Là, il a 55 ans de différence d’âge avec l’artiste et il en parle pourtant avec la passion qu’on a pour les œuvres qui nous permettent de mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons. Jean-Louis Germain dit d’ailleurs d’Anatole qu’il parle de son art mieux que lui. C’est ensemble qu’ils ont choisi les 25 pièces présentées aujourd’hui et jusqu’au 11 novembre au Loft Sévigné. Ils ont écarté les portraits les plus figuratifs, mais la sensualité et la joie de vivre irradient de ces grands phares qui portent les marques de leur âge et des hésitations de l’artiste. Un univers et une ouverture entre passé et présent à découvrir rapidement.

Du 21 octobre au 11 novembre, Jean-Louis Germain « Traces » Loft Sévigné, 46, rue de Sévigné, 75003 Paris, 12h-20h.Entrée libre.

visuel : Jean-Louis-Germain et Anatole Maggiar (c) YH

Oeuvres
Claustras #2, 1972, 105×75 cm, huile sur toile © Guillaume Dutreix 2015
Untitled, 1968, 147×97 cm, huile sur toile © Guillaum… Dutreix
Plage, 1989, 150×157 cm, huile sur toile© Guillaume Dutreix

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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