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[Tel-Aviv] Louise Bourgeois expose les corps ambivalents de ses « Twosome » au Musée d’Art de Tel-Aviv

[Tel-Aviv] Louise Bourgeois expose les corps ambivalents de ses « Twosome » au Musée d’Art de Tel-Aviv

21 octobre 2017 | PAR Yaël Hirsch

Jusqu’au 20 janvier 2017, le Tel Aviv Museum of Art expose dans sa majestueuse nouvelle aile des œuvres de la plasticienne Française Louise Bourgeois (1911-2010). Issues de la Easton Foundation de New-York où Louise Bourgeois a organisé ses œuvres, « Twosome » se concentre depuis les années 1960 aux années 2010 sur le rapport de l’artiste au couple. Une belle manière d’interroger, entre union et division, l’intégralité de son oeuvre.
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Le corps est premier dans le travail de Louise Bourgeois, à la fois sublime et angoissant. Dans l’antre sombre et majestueuse de la nouvelle aile du Tel Aviv Museum of Art , c’est par un pénis pendant à un crochet de boucher et se dédoublant et avec un couple allongé sous verre et s’accouplant que commence l’exposition. Le troisième élément de cette première salle intense et dérangeante est une tête-sexe de Janus double et aussi pendante que le pénis. L’on progresse dans l’exposition en croisant des poupées, des chiffons de Louise Bourgeois, à la fois tendres, amoureux et étouffants, des dessins fragiles sur son trousseau de mariage.

Une grande salle livre un confessionnal un peu angoissant et une première « cellule » fermée mais avec les clés dessus (installation en fer grillagé qui se parcourt comme une nef d’église où pendent des éléments de la vie de Louise Bourgeois : sa balançoire d’enfance, un tapis de l’échoppe familiale, des chaises, des bouteilles en verre etc…).

C’est dans la pièce suivante que l’on découvre l’immense dispositif qui prête son nom à l’ensemble de l’exposition. Rarement exposé et complètement cinétique, « Twosome » montre une sculpture ronde entrer entièrement dans une gaine tout aussi sculpturale et en ressortit. Symbole d’acte sexuel mais aussi de giron familial, cette installation impressionnante en taille et en douce violence condense une grande partie de l’impact de l’oeuvre de Louise Bourgeois.

La fin de l’exposition met aux prises avec des vitrines, des grillages ou d’immenses sculptures, aussi bien en mousse qu’en métal qui emprisonnent des corps entrain de s’étreindre ou des visages entrain de s’embrasser. L’araignée est là dans un coin, punie de sa séduction, et qui nous guette.

L’art de Louise Bourgeois nous rappelle physiquement que le chiffre deux est à la fois un Graal et une malédiction indépassables. L’exposition rend honneur à cette vérité première dans l’oeuvre d’une immense plasticienne qui a travaillé à rebours de tous les codes.

visuels : homepage: Louise Bourgeois, SPIDER COUPLE 2003 Steel 228.6 x 360.7 x 365.8 cm. Private Collection Photo: Christopher Burke, © The Easton Foundation/ Licensed by VAGA, NY. Autres photos : vues de l’exposition (c) YH.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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