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« Strasbourg(s) – ville envisagée et ville dévisagée » : l’exposition d’une ville plurielle

« Strasbourg(s) – ville envisagée et ville dévisagée » : l’exposition d’une ville plurielle

24 novembre 2017 | PAR Simon Théodore

Jusqu’au 6 décembre 2017, la Maison Interuniversitaire des Sciences de l’Homme – Alsace (MISHA) accueille l’exposition « Strasbourg(s) : Ville envisagée et dévisagée » . Capitale européenne, capitale de Noël, la ville alsacienne se décline à travers nombre de productions culturelles.

Cette intéressante exposition propose au visiteur de découvrir différentes représentations de la cité alsacienne. De la bande dessinée à la photographie en passant par les jeux de sociétés, Strasbourg inspire les artistes et les « créateurs de monde ». À l’initiative de ce projet, se trouvent deux chercheurs organisant un séminaire de recherche autour de l’idée de « fabrique de monde » et collaborant, au sein du studio de jeux vidéo Ernestine, sur le jeu Apocalypsheim dont l’intrigue se déroule dans un Strasbourg post-apocalyptique. « On reconnaît des bâtiments emblématiques devenus des ruines, le tram immobilisé sur ses rails, et tout est envahi par la végétation et la montée des eaux. C’est à la fois le Strasbourg que nous connaissons, et un lieu autre, alternatif, d’où nous pouvons réfléchir et rêver à ce que notre quotidien pourrait devenir si la société s’effondrait » explique Patrick Schmoll, ingénieur de recherches au CNRS.

De ce projet vidéoludique, est donc née l’idée de monter l’exposition « Strasbourg(s) : Ville envisagée et dévisagée ». Comme le souligne Laurent Di Filippo, chargé de recherche et auteur d’une thèse sur le MMORPG Age of Conan, il s’agit de montrer « la pluralité des représentations de cette ville sur différents supports médiatiques. On y retrouve donc Strasbourg mis en jeu, en photographie intégrant des héros de science-fiction et de fantasy, Strasbourg en bande dessinée ou en roman ». Ainsi, le public peut découvrir la version locale du Monopoly, le tome de Sherlock Holmes Retrouvailles à Strasbourg ou encore Zombie Walk de Giuseppe Manunta, une bande dessinée inspirée par les manifestations de morts-vivants.

Une ville plurielle

Un Strasbourg. Des Strasbourgs. Cette ville se conjugue au pluriel. Au détour des affiches, on découvre un article de Philippe Edel retraçant une histoire des États-Unis à travers une présentation des sept villes américaines au même toponyme. Autre projet un peu fou dévoilé : celui de Jean-Yves Bart. Ce « conquistador de l’inutile », comme il se désigne sur son site internet, a pour rêve « d’être le premier homme au monde à avoir posé le pied dans tous les Strasbourg du monde ». Cet Alsacien, né à Aix-en-Provence, en a dénombré seize et immortalise son périple à travers des photographies présentées à la MISHA. Sans aucun doute, cette ville inspire les artistes et les aventuriers. Ses habitants possèdent un attachement particulier à son côté « local ». Pourtant, elle apparaît comme une ville cosmopolite, notamment grâce à sa population étudiante, et au rayonnement international, avec la présence des sièges de nombreuses institutions européennes.

Une des explications de ce bouillonnement culturel est peut-être à chercher dans le passé. À l’instar de sa cathédrale qui a longtemps été perçue comme le bâtiment le plus haut du monde, « Strasbourg est une ville chargée d’histoire, depuis l’époque romaine » souligne Laurent Di Filippo. En effet, sur les deux derniers siècles, la ville a été le théâtre de trois guerres et a changé d’appartenance quatre fois. « Cette situation a peut-être incité les artistes et écrivains à imaginer un destin particulier et à effectuer des reconstructions autour d’épisodes plus anciens », précise Patrick Schmoll, en ajoutant « Moi-même, je viens de terminer un récit de fiction qui se passe entre l’Allemagne et l’Italie au début du XVème siècle, et je ne peux résister à la tentation de faire faire à mes personnages le détour par Strasbourg au moment où l’on pose la flèche sur la cathédrale et où Gutenberg végète dans les locaux d’un monastère désaffecté des environs ».

Capitale de Noël durant les prochaines semaines à venir, la ville alsacienne rayonne et inspire des productions et des projets culturels. Jusqu’au 6 décembre à la MISHA, l’exposition « Strasbourg(s) : ville envisagée et ville dévisagée », dont l’entrée est gratuite, la dévoile sous ses multiples facettes. Toutes les informations sont à retrouver ici.

Visuels : (c) Affiche de l’exposition / 16 x Strasbourg / Simon Théodore

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