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Spectaculaire Second Empire au Musée d’Orsay : une exposition qui porte bien son nom

Spectaculaire Second Empire au Musée d’Orsay : une exposition qui porte bien son nom

09 octobre 2016 | PAR Christophe Dard

Jusqu’au 15 janvier 2017, le Musée d’Orsay réhabilite l’une des périodes les plus passionnantes de l’histoire de France, le Second Empire. D’Ingres aux pièces de la Manufacture de Sèvres en passant par Le Déjeuner sur l’herbe et les fêtes des Tuileries, l’exposition Spectaculaire Second Empire dévoile les plus beaux ornements de 18 années durant lesquelles la France connaît de nombreux bouleversements et dont l’art se fait le confident le plus loyal.

 

Une des salles de l’exposition © Muse?e d’Orsay - Sophie Boegly
Une des salles de l’exposition © Musée d’Orsay – Sophie Boegly

 

C’est une époque méconnue et décriée car noyée sous les décombres de la lourde défaite de 1870 contre la Prusse. Pourtant, le Second Empire, instauré en 1852, est un régime dans lequel la société française, grâce à de nombreuses évolutions, est dans une phase de transition. Le pays ne tourne pas le dos à ses traditions mais s’installe néanmoins dans la modernité et l’ère industrielle.

 

Alexandre Cabanel (Montpellier, 1823 - Paris, 1889) La Naissance de Vénus, 1863 Huilesurtoile 130x225cm Paris, musée d'Orsay, RF 273 © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Alexandre Cabanel (Montpellier, 1823 – Paris, 1889)
La Naissance de Vénus, 1863 Huile sur toile 130 x 225 cm Paris, musée d’Orsay, RF 273 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

 

Certes, la France est majoritairement rurale, attachée aux pèlerinages religieux, et le couple impérial formé par Napoléon III et l’impératrice Eugénie s’installe aux Tuileries et au château de Saint-Cloud, hauts lieux de la monarchie, où la Cour a le goût de la fête perpétuelle et donne des réceptions somptueuses en digne héritière de Louis XIV et de Marie-Antoinette. L’exposition présente d’ailleurs de nombreuses pièces issues de ce faste telle la Couronne de l’impératrice Eugénie de Lemonnier ou la joaillerie de la Maison Mellerio.

 

James Tissot (Nantes, 1836 - Chenecey-Buillon, 1902) Le Cercle de la Rue Royale, 1868 Huile sur toile, 175 x 281 cm Paris, musée d'Orsay, RF 2011.53 © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
James Tissot (Nantes, 1836 – Chenecey-Buillon, 1902)
Le Cercle de la Rue Royale, 1868 Huile sur toile, 175 x 281 cm Paris, musée d’Orsay, RF 2011.53 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt



Mais dans le même temps, Paris se métamorphose sous l’impulsion d’Haussmann (l’ouvrage le plus exceptionnel est le nouvel opéra de Charles Garnier), la Grenouillère canote avec l’accent parisien, les cafés-concerts attirent les classes populaires tandis que les théâtres sont en tenue de soirée et affichent complet. Le créateur de l’opéra-bouffe, Jacques Offenbach, triomphe et les classes aisées, l’aristocratie et la nouvelle bourgeoisie, prennent leurs aises dans les stations balnéaires de la Normandie et de la côte basque grâce à l’extension du chemin de fer.

 

Claude Monet (Paris, 1840 - Giverny, 1926) Hôtel des Roches-Noires, Trouville, 1870 Huile sur toile, 81 x 58.5 cm Paris, musée d'Orsay, RF 1947.30 © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Claude Monet (Paris, 1840 – Giverny, 1926)
Hôtel des Roches-Noires, Trouville, 1870 Huile sur toile, 81 x 58.5 cm Paris, musée d’Orsay, RF 1947.30 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

 

Dans Spectaculaire Second Empire, vous serez sans doute surpris par la grande diversité des styles du Second Empire, néo-grec, néogothique, Renaissance, orientalisme et japonisme. Vous pourrez admirer les sublimes portraits des néo-classiques comme Ingres et Winterhalter mais Degas, Manet, Tissot, Cézanne, Renoir et Monet débutent réalistes mais se détachent progressivement de leurs aînés pour adopter une nouvelle manière de peindre . Bon nombre d’entre eux deviendront impressionnistes.
Mais le Salon officiel, très conservateur, n’aime pas beaucoup ces artistes peu académiques et la rupture intervient en 1863. La moitié des œuvres sont refusées. Napoléon III autorise la tenue d’un « Salon des refusés » dont le musée d’Orsay propose une reconstitution en partie, dans un accrochage typique de l’époque. Le fameux Déjeuner sur l’herbe de Manet est exposé.

 

Une des salles de l’exposition © Muse?e d’Orsay - Sophie Boegly
Une des salles de l’exposition © Musée d’Orsay – Sophie Boegly

 

Comme vous le remarquerez, la photographie et la caricature sont également à la mode durant le Second Empire et de nombreux endroits sont rénovés à l’instar du château de Pierrefonds dans l’Oise.

 

Jean-Baptiste Carpeaux (Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875) Eugénie Fiocre, 1869 Buste en plâtre, 83 x 51 x 37 cm Paris, musée d'Orsay, RF 930 © Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt
Jean-Baptiste Carpeaux (Valenciennes, 1827 – Courbevoie, 1875)
Eugénie Fiocre, 1869 Buste en plâtre, 83 x 51 x 37 cm Paris, musée d’Orsay, RF 930 © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

 

443 œuvres dont plus de 80 tableaux, près de 100 œuvres graphiques, 20 sculptures, 25 pièces de mobilier, 95 objets d’art, 82 photographies, 34 bijoux… Pour ses 30 ans, le Musée d’Orsay nous offre un beau cadeau d‘anniversaire avec Spectaculaire Second Empire. Les œuvres sont parfaitement mises en valeur dans une scénographie réfléchie et soignée. La dernière salle, consacrée aux expositions universelles de 1855 et 1867, marque véritablement l’apothéose d’une rétrospective dans laquelle le Beau est célébré dans toutes ses incarnations. L’exposition se terminant le 15 janvier 2017, vous n’avez aucune excuse pour ne pas en profiter !

Christophe Dard.

 

Une des salles de l’exposition © Muse?e d’Orsay - Sophie Boegly
Une des salles de l’exposition © Musée d’Orsay – Sophie Boegly

 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Spectaculaire Second Empire 1852-1870
Jusqu’au 15 janvier 2017
Musée d’Orsay
1 rue de la Légion-d’Honneur 75007 Paris
Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 9h30 à 18h, le jeudi jusqu’à 21h45/ fermé le 25 décembre.
Visites guidées jusqu’au 7 janvier 2017 les mardi, vendredi et samedi à 11h30 et 14h30/ les mercredi à 11h30 et les jeudi à 11h30 et 19h (sauf les 1er , 3 et 11 décembre)
www.musee-orsay.fr
01 40 49 48 14

 

A lire :
Le catalogue de l’exposition, coédition Musée d’Orsay / Skira, relié, 320 pages, 350 illustrations, 45€.

 

A vos agendas :

Film – Second Empire, le pouvoir en scène– jeudi 13 octobre à 19h
Débat – Jeudi 3 novembre à 19h30, Faut-il réhabiliter le second Empire ?, avec Jean-Noël Jeanneney et Jean Tulard
Colloque – Jeudi 24 et vendredi 25 novembre 10h-17h, « Sans blague aucune, c’était splendide », regard sur le Second Empire
BalsLes Dimanches Second Empire – Dimanche 16 octobre 11h-17h, Bal public à la Grande Chaumière et dimanche 13 novembre 11h-17h, Bal de carnaval à l’Opéra
Concerts – Jeudi 20 octobre à 20h, Récital Marie-Nicole Lemieux et Jeudi 17 novembre à 20h, Récital Karine Deshayes, Delphine Haidan et François Chaplin
Les Lunchtime – Du mardi 11 octobre au mardi 13 décembre 2016 – 7 concerts à 12h30
Opéras filmés – Samedi 5 novembre à 15h, L’Africaine, opéra de Mayerbeer, samedi 12 novembre à 15h, Roméo et Juliette, opéra de Gounod, dimanche 20 novembre à 15h, Don Carlos, opéra de Verdi et dimanche 27 novembre à 15h, Tannhäuser, opéra de Wagner
Festival de cinéma – Du 19 au 29 octobre 2016 – Le Second Empire à l’écran
Spectacle en famille – Samedi 10 décembre à 16h, Offenbach et compagnie

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Christophe Dard
Diplômé d'un Master d'histoire contemporaine et d'une école de radio, Christophe est journaliste, passé notamment par Europe 1. Il travaille depuis 2013 pour Toute la Culture. Compte Instagram : https://www.instagram.com/christophe_dard/?hl=fr

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