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Roland Topor, la jeunesse éternelle au Musée de l’Illustration Jeunesse de Moulins

Roland Topor, la jeunesse éternelle au Musée de l’Illustration Jeunesse de Moulins

14 octobre 2019 | PAR Yaël Hirsch

Dans le cadre de la Biennale des illustrateurs qui a couronné cette année Rebecca Dautremer, le Musee de l’Illustration Jeunesse de Moulins (Mij) consacre une rétrospective à Roland Topor (1938-1997) jusqu’au 2 février. Un bain de jouvence et un électrochoc de créativité.

Organisée par les commissaires Alexandre Devaux et Emmanuelle Martinet Dupré (lire notre interview) l’exposition Roland Topor dresse un portrait complet de l’illustrateur à qui l’on doit Téléchat et l’affiche du Tambour. En cinq espaces au rez-de-chaussée du musée, c’est pleinement un artiste multimédia que l’on découvre, lui qui mettait en avant et le dessin et l’écriture en s’auto-proclamant « Travailleur du papier”. Mais le véritable angle de l’exposition est de rendre hommage « à la part d’enfance » toujours présente dans l’oeuvre de Topor est restée « tapie en nos esprits » avec une nostalgie communicative, créative et réjouissante.

Illustrateur, peintre, écrivain, cinéaste d’origine polonaise, Roland Topor naît à Paris en 1938. Il étudie aux Beaux-Arts, collabore à Hara-Kiri, réalise des films d’animation et se fait remarquer par son humour noir. 

Après une introduction très vivante, « Les belles images » met en avant à la fois l’innocence de Topor, son lien à Miro ou Calder avec des scènes de cirques ou de contes, mais aussi les face cachées plus mordante, ironiques ou pleinement érotiques. Chez l’illustrateur, la démesure grince et dérange et c’est un bonheur de champ libre. La salle suivante met l’accent sur le lien fort à son fils Nicolas, né 1963, et qui a prêté de nombreuses oeuvres pour cette exposition.

Dans le droit fil de son admiration pour l’hyper-créativité de l’enfance qui s’obstine, Topor a pris au sérieux le don artistique de son fils et l’a écouté, encouragé et aussi accompagné dans la production d’oeuvres comme « Le monsieur tout esquinté », très jeune.

La salle suivant nous fait verser dans le film et la sciences-fiction avec une projection de La planète sauvage, travail réalisé après Temps morts et Les escargots avec René Laloux, adaptation animée du roman Oms en série de Stefan Wul, qui a décroché le prix spécial du jury à Cannes.en 1973 

Sous le titre « Farces et grimaces », enfin, une dernière salle finit de nous replonger à la fois dans l’ironie mordante et la diversité des visages de clown proposés par Roland Topor: on y retrouve aussi bien les illustrations bibliophiliques des œuvres de Marcel Aymé, de Boris Vian, de Félix Fénéon ou d’Emmanuel Bove, que les affiches dessinées pour le cinéma ou Amnesty International. Une vidéo rare est l’image que l’on emporte du dessinateur qui a bercé nos jeunes années : lui portant une échelle comme un flambeau dans le film de Pol Bury ironiquement intitulé « L’art illustré ». Voici qui nous ramène à ses abécédaires aux pubis féminins suggestifs et à à ce lieu vital où le surréalisme belge rejoint le graphisme polonais… 

visuels :photos de l’exposition (c) YH et affiche

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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