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Richard et Pablo Bartholomew se confondent d’Affinités à la MEP

Richard et Pablo Bartholomew se confondent d’Affinités à la MEP

06 septembre 2017 | PAR Victoire Chabert

Accueillie par la Maison Européenne de la Photographie jusqu’au 15 octobre 2017 l’exposition « Affinités » interroge les travaux singuliers de Richard et Pablo Bartholomew, un père et un fils.

Plus de vingt-cinq ans séparent les photographies de Richard et Pablo Bartholomew, pourtant les similarités dans leurs sujets et le regard qu’ils portent sur la société indienne sont saisissantes.

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Accrochés au début du parcours de l’exposition, leurs autoportraits respectifs en sont la manifestation évidente. Celui de Richard, est introspectif, il montre un personnage réfléchi, l’image semble cadrée de façon à la fois méticuleuse et spontanée. Tandis que celui de Pablo est direct, frontal, et perçant, réalisé au lendemain d’une soirée festive. Ainsi, tout au long de l’exposition les photographies du père et du fils dialoguent subtilement entre elles.

Les séries de photographies présentées dans cette exposition attestent des sensibilités esthétiques des deux artistes en jouant habilement sur celles qui les différencient et celles qu’ils partagent. La juxtaposition des travaux du père et du fils rend compte du penchant des deux photographes à capturer l’intimité et la spontanéité de la vie des gens autour d’eux. D’un côté, Richard nous donne accès à l’intimité de sa famille indienne. Sa femme, Rati, drapée de blanc, et avec qui il aura un fils, Pablo. De l’autre, Pablo nous propose une immersion dans l‘intimité d’adolescents fumants, ses amis, couchés nonchalamment sur un lit, dansant les yeux fermés, libérés.

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Les séries de photographies présentées dans « Affinités » reflètent des parcours de vie différents mais fédérés par la thématique commune de la quête identitaire. Concernés par la problématique du déracinement, père et fils interrogent, à travers leurs objectifs, l’identité indienne et leur propre identité. Richard Bartholomew, en tant que directeur du développement de la Maison du Tibet, s’est largement consacré à la communauté de réfugiés tibétains au cours des premières années de leur installation en Inde, après leur exil imposé par la Chine. Quant à Pablo Bartholomew, expulsé de son école, il commence par photographier sa jeunesse à New Delhi dans les années 1970. Ses photos nous livrent sa vision des hippies, accompagnées de scènes prises lors de festivals universitaires ou dans la sinistre pénombre des bouges à opium de Mumbai.

Partagés entre plusieurs villes (New Delhi, Bombay, Calcutta) et plusieurs cultures (birmane, indienne et occidentale), père et fils dressent un portrait unique de l’Inde post-indépendance et de sa culture, sur plus de trois décennies.

Crédits photos : © Pablo Bartholomew / © The Estate of Richard Bartholomew

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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