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La première grande rétrospective belge sur Niki de Saint Phalle ouvre la Biennale de Mons, Capitale Culturelle, ce week-end

La première grande rétrospective belge sur Niki de Saint Phalle ouvre la Biennale de Mons, Capitale Culturelle, ce week-end

15 septembre 2018 | PAR Yaël Hirsch

C’est l’événement majeur de ce week-end inaugural de la première biennale de Mons, Capitale Culturelle (septembre 2018-juin 2019). La cité wallonne, Capitale européenne de la Culture en 2015 (lire notre article) accueille en son BAM (Musée des Beaux Arts) la première rétrospective belge dédiée à Niki de Saint-Phalle.

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Alors que l’exposition Niki de Saint Phalle avait dépassé les 50 000 visiteurs au Grand Palais en (lire notre article), celle qui s’ouvre à Mons s’annonce déjà comme un succès. vec près plus de 140 œuvres, l’exposition chronologique sur Niki de Saint-Phalle à Mons est sous-titrée : « Ici, tout est possible». C’est l’un des grands événements culturels européens de cette rentrée et les nanas de la plasticienne se répandent dans la ville. Du côté du beffroi, l’on se heurte ainsi à quatre totems faits en Californie par Niki de Saint-Phalle à partir du mythe de la reine Califia. Pour la commissaire, Kyla McDonald (qui a déjà organisé la grande rétrospective Niki de Saint-Phalle à Liverpool, Capitale européenne de la culture en 2008), il est très important que l’exposition repousse les murs du musée et s’installe dans les espaces publics de Mons. Ainsi, saisissantes devant le musée du Doudou, les Trois grâces élancent leurs corps girons.

Dans le jardin du musée BAS, deux nanas se complètent : une nana maison et une nana fontaine. Dans la pénombre du musée, c’est sur deux étages qu’une scénographie blanche et immaculée  de blanc invite à entrer dans l’œuvre de Niki, par un déroulé assez fashion de sa vie.

Puis, au 3ème étage, ce sont les premières œuvres, celles de la vingtaine, de l’hospitalisation pour dépression, qui constituent un butin d’art brut flirtant avec l’expressionnisme abstrait. Les assemblages des années 1960 offrent un vent de nouvelle objectivité à notre vision de Niki. Puis viennent les célèbres tirs des années 1960 avec même un stand où l’on peut en faire l’expérience live.

La salle mitoyenne concentre des œuvres clés sous le titre « Les femmes dans la société » : « L’autel des femmes » (1964), « La mariée » (1965), « Le livre des femmes dévorantes » (1970) puis vient la revanche colorée, qui apparaît comme l’envers du décor avec « les nanas au pouvoir » en sculptures hiératiques et imposantes comme sur scène (« Éloge de la folie » est monté par Roland Petit au Théâtre des Champs Elysées en 1966, Niki fait les décors du Lysistrata d’Aristophane mis en scène par Claus Brenner en 1966 aussi et l’autobiographique ICH se donne à Kassel en 1968).

L’étage du bas condense les projets monumentaux en Suisse et en Italie à travers des maquettes, « Le jardin des tarots », l’immense fresque « Last night I had a dream » et les derniers projets de Niki de Saint Phalle notamment une ronde de sculptures « Skinnies ». Elle permet aussi de voir (interdit aux moins de 16 ans) son film « « Daddy » (1976) entre inceste et fantastique.

L’on termine sur une sculpture commune de 3m avec Jean Tinguely : » Le champignon magique » où au contraire de la Fontaine, c’est Jean qui est au dessus.

La petite-fille de Niki de Saint-Phalle est présente au vernissage et nous raconte le souci de sa grand-mère, après la mort de son compagnon Jean Tinguely de lui construire un musée avant de se préoccuper de sa postérité a elle, notamment la pérennité du « Jardin des tarots ». Elle nous raconte la quête de Niki pour surmonter le mal-être, son dernier grand choc politique, le 11 septembre où l’artiste rebelle au eu peur de se reconnaître dans l’acte terroriste et aussi comment fonctionne la Fondation, avec ses archives, son ancrage américain et ses étudiants de plus en plus américains qui interrogent à la fois une trajectoire et une époque.

L’exposition Niki de Saint-Phalle, Ici tout est possible ouvre donc ses portes au BAM le 15 septembre, au cœur du week-end d’inauguration de la biennale. Elle sera suivie dans cette biennale par une exposition sur Giorgio De Chirico, à partir du 16 février 2019.

Visuels : affiche officielle de l’exposition + photos de la visite presse . (C) YH

 

Infos pratiques

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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