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Pièces méconues ou incongrues des musées : face B des lieux d’exposition

Pièces méconues ou incongrues des musées : face B des lieux d’exposition

25 janvier 2013 | PAR Sandra Bernard

Si les musées sur des sujets insolites foisonnent, qui n’a jamais été surpris de découvrir dans certains musées, des salles incongrues ou bien méconnues des autres visiteurs. Il n’est pas rare, en déambulant dans un musée, de se retrouver là où on ne s’attendait pas et de se trouver saisi de surprise et il faut bien l’avouer, d’une certaine curiosité. Petit inventaire non exhaustif des lieux d’exposition face B qui valent le détour.

Même les plus grands musées recèlent de petits trésors, des coins tranquilles loin du tumulte et de l’agitation des expositions block-buster. Ainsi trouve t-on à Carnavalet la chambre reconstituée de Proust. Ce lieu typiquement XIXe siècle s’avère très reposant tant les visiteurs s’y font rares. Il faut avouer que même si le mobilier, bien que charmant, n’a rien d’extraordinaire, l’Aura du grand écrivain baigne les lieux. Plus surprenant, le musée le plus visité du monde, avec plus de 10 millions de visiteurs en 2012, nommé le Louvre, dispose également de lieux en retrait propices à la contemplation sereine. Si l’aile Denon, contenant la majorité des grands chefs-d’oeuvre est la plus fréquentée, parmi les sections réouvertes récemment, en même temps que l’inauguration du département des Arts de l’Islam, se trouve l’église Baouit. Située au sous -sol, cet espace totalement réaménagé propose une reconstitution d’une église copte des premiers temps de la chrétienté. Les divers éléments rapportés d’Egypte ont été remontés à leur emplacement d’origine dans une structure moderne. Si la scénographie est un point fort de la pièce, il est également agréable de s’y rendre quand la foule envahit le reste du bâtiment.

Chambre de Marcel Proust . Marcel Proust. Copyright © DAC / L. Degrâces-Khoshpanjeh, R. Briand
Louvre, Eglise sud du monastère de Baouit (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Hervé Lewandowski

Autre lieu, autre originalité. La cité de l’architecture et du patrimoine, déjà très originale par la composition de ses collections uniques au monde, de moulages de façades de bâtiments, renferme en son sein une surprenante maquette taille réelle d’un appartement de Le Corbusier. Cette maquette,  ne vous y trompez pas,  est factice, c’est une « unité d’habitation » imaginée par le brillant architecte de La Cité Radieuse, ici réalisée par plusieurs centaines d’élèves de lycées techniques d’Ile-de-France. Sans être méconnue du public, l’on est toujours surpris de se trouver face à cette habitation totalement reconstituée dans un musée. Cependant, quoi de mieux pour illustrer le travail d’un architecte talentueux, que de pouvoir se rendre compte par soi même, des innovations et de la fonctionnalité de ses créations ?

Toujours dans la même institution, le dernier étage consacré aux peintures médiévales, est un lieu à part et totalement dépaysant datant du début du XXe siècle, il propose un voyage dans le temps. L’on passe de chapelle en chapelle suivant un parcours à la fois chronologique et parfois thématique. Ces salles stupéfiantes mériteraient surement d’être honorées par un plus grand nombre de visiteurs. Toujours en architecture, mais cette fois- ci d’origine, il y a, au musée des Arts et Métiers, une salle aux caractéristiques étranges qui vous attend. Dans cette pièce du rez-de-chaussée, l’acoustique est particulière. Ainsi, deux personnes éloignées qui chuchotent peuvent aisément converser. Comment cela se fait-il ? Quel est ce prodige ? Certaines personnes affirment qu’il s’agit de l’ancien confessionnal de la léproserie de l’abbaye. Cette proposition est tout à fait plausible, d’autant plus quand on sait que la lèpre est spectaculaire et qu’elle était considérée comme une maladie très contagieuse au Moyen Âge et jusqu’à l’époque Moderne.

Restitution des peintures murales-cité de l’architecture et du patrimoine-©photo Sandra BERNARD

Comme il se passe des choses hors de Paris, ça on ne le dira jamais assez, il faut noter la surprenante salle d’orfèvrerie contemporaine du musée des Arts Décoratifs de Lyon jouxtant le musée des textiles. Située dans le classique et dix neuvième musée des arts décoratifs de la capitale des Gaules, cette pièce détonne totalement tant par son contenu ultra design que par sa scénographie très originale, à la limite de l’expérimental. Imaginez, après plusieurs pièces regroupant des vitrines de bois et de verre où sont alignés des pièces d’orfèvreries des plus classiques, au détour d’un couloir se niche une petite piece habillée d’une sphère géante alvéolée dans laquelle se trouve les nouvelles créations des grands noms de l’orfèvrerie et du design.

Salle de l’orfèvrerie contemporaine, musée des Arts décoratifs de Lyon-©Photographie Sandra BERNARD

Un peu à part dans cette sélection, la face B du musée Guimet pourrait bien être le panthéon bouddhique, tant il s’agit presque d’un musée « dans » le musée. Situé à quelques mètres de Guimet dont il dépend, le panthéon bouddhique regroupe, dans trois salles, une impressionnante collection de sculptures religieuses allant des divinités les plus connues jusqu’aux grands maîtres des sectes zen, en passant par des dieux au culte très localisé. Le nombre d’oeuvres est impressionnant de même que leur diversité. Notons qu’il dispose d’un petit jardin d’inspiration japonaise, gratuitement accessible au public. Il s’agit probablement d’un des lieux les plus dépaysants de la capitale.

panthéon bouddhique-©Sandra Bernard

Pour finir notre petit tour en apothéose, tout aussi insolites, incongrus et par trop méconnus des visiteurs, plusieurs grands magasins parisiens (les Galeries Lafayette et le BHV entre autres) disposent de lieux d’exposition temporaires. Prenons l’exemple de la galerie des galeries au magasin historique des Galeries Lafayette.  Située au premier étage du magasin, en plein dans la zone luxe, il faut la chercher un petit moment avant d’en trouver l’entrée. Toutefois, elle en vaut largement le détour avec son vaste espace d’exposition et ses expositions pointues.

Vue du « Pop Up Store » by la Galerie des Galeries, juillet- septembre 2012 © Thibaut Voisi

Pour conclure, tous ces trésors, pourtant à la vue de tous pour qui sait fureter un peu, n’attendent plus que votre visite. Il y en a bien d’autres en France alors ouvrez l’oeil la surprise n’est jamais loin.

Musique : Les Faces B qui ont fait oublier les Faces A
Etre comédien à Paris : les sombres coulisses des petits théâtres parisiens…
Sandra Bernard
A étudié à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense l'Histoire et l'Histoire de l'Art. Après deux licences dans ces deux disciplines et un master recherche d'histoire médiévale spécialité histoire de l'Art dont le sujet s'intitulait "La représentation du costume dans la peinture française ayant pour sujet le haut Moyen Âge" Sandra a intégré un master professionnel d'histoire de l'Art : Médiation culturelle, Patrimoine et Numérique et terminé un mémoire sur "Les politiques culturelles communales actuelles en Île-de-France pour la mise en valeur du patrimoine bâti historique : le cas des communes de Sucy-en-Brie et de Saint-Denis". Ses centres d'intérêts sont multiples : culture asiatique (sous presque toutes ses formes), Histoire, Histoire de l'Art, l'art en général, les nouveaux médias, l'art des jardins et aussi la mode et la beauté. Contact : sandra[at]toutelaculture.com

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