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Un peintre converti à l’architecture : Gio Ponti au MAD

Un peintre converti à l’architecture : Gio Ponti au MAD

06 novembre 2018 | PAR Sophia Le Bon

Plus de 400 pièces, dont certaines ne sont jamais sorties de leur lieu d’origine, retracent le parcours pluridisciplinaire de l’architecte-designer milanais Gio Ponti, mêlant architecture, mobilier ainsi qu’aménagements pour des bâtiments privés, universités et cathédrales.

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Une exposition multifacette reflétant la personnalité de l’archi-designer
Du 19 octobre 2018 au 10 février 2019, et pour la première fois en France, le MAD (Musée des Arts Décoratifs) dédie une rétrospective à Gio Ponti qui couvre l’intégralité de sa longue carrière, de 1921 à 1978.
Né en 1891 à Milan et diplômé en architecture de l’Ecole polytechnique de sa ville natale, Ponti sera connu pour avoir révolutionné l’architecture d’après-guerre. Celui qui se définira comme un peintre converti à l’architecture va adopter une approche multidisciplinaire pendant ses soixante ans de carrière, en accordant autant d’importance à l’artisanat qu’à la production industrielle.
C’est cette vision que la scénographie explore. Présentée au sein du nef du musée, l’exposition met en lumière les nombreux aspects du travail de Ponti, de l’architecture au design industriel, du mobilier au luminaire, de la création de revues à son incursion dans les domaines du verre, de la céramique et de l’orfèvrerie : D’abord les objets décoratifs, réalisés grâce à des collaborations avec Christofle et Richard Ginori, puis les grandes réalisations de mobiliers et projets architecturaux, et enfin six « period rooms » reconstruisant l’ambiance de projets d’intérieur et permettant d’appréhender l’univers de Ponti.

La maison : lieu de joie de vivre à l’italienne
Dès le début de sa carrière, en fondant la revue Domus en janvier 1928, Ponti pose les bases de son idée de l’habitat, où la notion de confort s’étend au-delà de la simple fonctionnalité. La maison à l’italienne est un lieu ordonné, aux lignes essentielles, le réceptacle des joies de la vie et des beautés du monde.
Dans un premier édifice, l’immeuble de la via Randaccio (1924-1926) à Milan, il introduit la division tripartie des espaces (jour, nuit, services) et le goût pour l’illusion et la surprise prédomine. Mais c’est avec la construction de la maison de campagne l’Ange volant (1927-1928) à Garches (Hauts-de-Seine) et son hall double hauteur, poumon de la villa, que Ponti déploie pleinement la typologie moderne de la maison à l’italienne.

La forme parfaite selon Gio Ponti
Les années 1950 avec ses impératifs de la Reconstruction et les changements de modes de vie de l’après-guerre inaugurent une période très fertile pour Ponti. Comme l’architecture, les objets du quotidien devaient contribuer à la plein réalisation de la modernité.
Dans son ouvrage phare Amate l’architettura (1957), Ponti énonce sa théorie de la « forme de la substance » qui n’admet ni ajout ni retrait. La question n’est plus l’objet exceptionnel et luxueux, mais la quête de la forme parfaite, la « forme de la substance ». Parmi les nombreux produits qu’il conçoit figurent des objets aussi divers que la machine à coudre Visetta pour Visa (1949), la carrosserie automobile Diamante pour Carrozzeria Touring (1953) ou encore les poignées de portes pour Olivari (1956).

Et si Gio Ponti est aujourd’hui admiré par un public éclairé d’amateurs de design et très convoité par les collectionneurs, son œuvre reste peu connue en France. Cette exposition est donc l’occasion de faire découvrir au grand public l’univers créatif de ce personnage mythique de la scène italienne.

Visuels: SLB

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Sophia Le Bon

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