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Olivier Cablat présente ses fouilles sur les paris hippiques au BAL

Olivier Cablat présente ses fouilles sur les paris hippiques au BAL

27 avril 2013 | PAR La Rédaction

 

Pour la première fois le BAL expose trois semaines durant sa carte blanche PMU, il regroupe à cette occasion les deux premiers artistes sélectionnés en 2010 et 2011 Malik Nejmi et Mohamed Bourouissa mais surtout le lauréat de l’année, Olivier Cablat, qui nous présente Fouilles.

La carte blanche PMU est un concours ouvert à de jeunes artistes sur le thème du turfisme. Le vainqueur sélectionné par un jury prestigieux (entre autres : Quentin Bajac, Conservateur en chef pour la photographie au MoMA ou Jean de Loisy, Président du Palais de Tokyo) édite son œuvre et l’expose au BAL.
Au rez-de-chaussée de la galerie sont confrontées les œuvres de Malik Nejmi et Mohamed Bourouissa. Le premier s’est intéressé à la faune hippique, des champs de courses au bar-tabac du quartier, dressant un portrait amusé et bigarré des parieurs passionnés, spectateurs concentrés et autres groupies à chapeaux des bords de piste.

Mohamed Bourouissa a lui comparé accros du PMU et supporters de football, travaillant aussi sur les tickets de pari : serrés avec fièvre, froissés, puis abandonnés pas dizaines.

Olivier Cablat a choisi une démarche particulière, avec Fouilles il suit un protocole archéologique en le dépouillant de toute visée scientifique. Son œuvre est à la fois photographique, vidéo et conceptuelle. Dans la salle qui lui est dévolue les quatre murs présentent des travaux de natures diverses.

A gauche un film, un bar, Le Palmier, reconstitué à partir d’extraits de Google View. Un lieu de pari qui combat sa simplicité par une enseigne accrocheuse. En face des objets siglés PMU, souvent verts, photographiés sur fond blanc. Ils sont anecdotiques, mais leur mise en scène trahit leur importance, ce sont des talismans. Pour quelqu’un peut-être, à moins que leur pouvoir ne soit demeuré inconnu. Le travail de l’archéologue suffit à prouver leur valeur, comme des morceaux de poterie antique ils sont bien à plat, dans des cadres carrés, rangés, triés, exposés.

Cablat l’historien accumule, collectionne, des objets mais aussi des noms de chevaux, projetés sur le troisième mur. 40 000 noms. De Casablanca à Gâteau Russe en passant par Fly Emirates ils sont là, défilent par ordre alphabétique. Cocasses et improbables ces patronymes sont ceux de champions qui soulèvent les foules et déchaînent les passions. La simplicité du dispositif visuel contraste et rappelle les multiples contradictions du monde des courses.

Enfin une série de portraits montre l’importance de l’humain pour le photographe. Comme l’architecte sort les ossements d’une tombe, Olivier Cablat détoure ses personnages et désature le fond de ses images. Il saisit l’instant, la posture, le geste soulignant par ses clichés les particularités de chacun. Il les arrache au milieu des courses pour leur redonner vie sans contexte, simplement par eux-mêmes. Le procédé est percutant, les modèles saisis dans leur essence, sont presque mis en récit. Caricaturaux parfois certains sont à l’image que l’on se fait du parieur PMU : vieillissant, bedonnant et la clope au bec. A ceux-ci se mêlent des plus jeunes, en costumes, I Pad à la main, une autre catégorie d’amateurs de courses.

L’œuvre multisupport d’Olivier Cablat aborde le turfisme sous plusieurs angles. Intrigante, belle et souvent drôle, elle porte sur les courses un regard profane, désireux de comprendre, qui ouvre pour le spectateur une fenêtre sur ce monde toujours un peu mystérieux.

Mathilde Fabbro

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